‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 25 sur 271 · AMBASSADEURS · texte numérisé non relu

AMBASSADEURS

Des négociations se poursuivaient d'autre part entre la France et F Angleterre, au sujet de la nouvelle mission à Pe-King et les deux Puissances s'étaient mises d'accord pour que le titre élevé d'Ambassadeur fût conféré à leurs représentants dans la capitale de l'Empire chinois.

Le chef du Foreign Office, lord Malmesbury, faisait part des vues de son gouvernement à l'ambassadeur britannique à Paris, lord Cowley, dans les termes suivants :

LORD MALMESBURÏ AL COMTE COWLE\

Foreign Office. October •>■>., i858.

My Lord,

In reply to Your Excellences despatch n° 1367 of the 17II1 instant, I hâve In state toY. E. tlial II. M. 's Government intend toconfer the titie of Ambassador on their future Envoy toPeking.

In their opinion, il is of importance thaï he should hold the highest diplomatie rank which may impose not onlj unbounded respect on the pari of the Chinese and other Authorities, but

3(3 FIN DK f.V MISSION DI BARON GROS ET DE LORD ELG1N

also obtain il from the great number of British Agents who will bc submitted to his directions. Il is the object of H. M. 's Government to place tbc Ambassador al Peking in a position as regards the Consular and Commercial Authorities analogous to Uial of H. M. s Ambassador at Constantinople.

Tbis principle is still more necessary in China where 11. M. "s \eents arc so far removed from tbe Secretary of State.

I am, etc.

D'autre part, le Ministre des Affaires étrangères prévenait le baron Gros confidentiellement des intentions du gouvernement impérial et lui marquait que ce titre d'ambassadeur lui était réservé.

LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES AL BARON GROS, 8 NOVEMBRE l858.

8 novembre i858.

Monsieur le Baron, l'Empereur a décidé qu'une ambassade serait créée à Pe-King et qu'elle y serait établie sur le pied de celle de Constantinople, c'est-à-dire dans des conditions qui lui permettent de répondre à tout ce qu'exigent les besoins d'une situation nouvelle et avec tout l'éclat nécessaire pour bien faire comprendre au gouvernement chinois la grandeur et la puissance de la France. Le gouvernement de S. M. B. a, de son côté, pris une résolution semblable.

Le désir de l'Empereur serait de vous confier, M. le Baron, ce poste important dans la pensée qu'il ne saurait être remis entre de meilleures mains. J'espère que vous verrez dans cette intention un nouveau témoignage de la bienveillance de S. M. J'attendrai cependant votre réponse pour prendre les ordres définitifs de l'Empereur.

L'Angleterre ayant décidé d'envoyer en Chine une nouvelle ambassade dès le commencement de février, le gouvernement français, sans attendre la réponse du baron Gros, se prépara à suivre cet exemple :

LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES Al BARON GROS, 9 NOVEMBRE l858.

g novembre i8j8.

Le Gouvernement britannique compte faire partir d'Angleterre dans les premiers jours de février, au plus tard, l'ambassade qu'il envoie en Cbine, afin qu'étant rendue vers le mois d'avril dans les eaux de Canton, elle puisse se transporter à Pe-Ring au moment opportun. L'Empereur ayant décidé d'accréditer également une ambassade à Pe-King, désire, et c'est aussi le vœu du gouvernement anglais, qu'elle y arrive simultanément avec celle de S. M. B. Votre réponse à la dépèche par laquelle je vous faisais connaître que l'Empereur vous verrait avec plaisir accepter de le représenter à Pe-King, ne pouvant dès lors me parvenir assez à temps pour que je remette à ce moment la constitution de l'ambassade, je vais m'en occuper immédiatement. J'espère par conséquent que le personnel dont S. M. aura sanctionné le choix pourra de la sorte se mettre en route pour la Chine à la date assignée au départ de l'ambassade anglaise

Cependant la réponse du baron Gros devait donner à réfléchir au Gouvernement français :

LE BARON GROS AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, 28 DÉCEMBRE l858.

A bord de Y Audacieuse, en rade de Hong-Kong, le a8 déc. i858.

Monsieur le Comte,

Le courrier d'Europe, qui vient d'arriver, et qui nous apporte des lettres jusqu'à la date du 9 nov. dernier, m'a remis la dépèche confidentielle que V. E. m'a fait l'honneur de m'écrire le 8 du même mois

Rien ne pouvait me rendre plus heureux, en ce moment, (pie la nouvelle preuve ' de bienveillance que Sa Majesté veut bien

1. Le ."> septembre, le Ministre des Affaires étrangères avait écrit au

38 FIN DR l.\ mission ni BARON GROS IT DE I.oi;i> i.ii,|\

me donner en me faisanl exprimer le désir qu'Elle a de me confier le poste de son Ambassadeur à Pe-King, el Sa Majesté \ nii'i le comble en daignant m'autoriser à ne pas considérer le

désir qu'Elle témoigne comi in ordre auquel je a'aurais qu'à

obéir avec respect. Que V. E. me permette donc de lui faire connaître, en peu de mots, les mol ils qui m'obligenl à ne pas prolonger mon séjour dans ces contrées. Ma santé, que deux années de fatigues bien réelles et de travaux incessants ont altérée d'une manière sérieuse exige en ce moment un repos que je ne pourrais pas trouver ici, et de cruelles épreuves subies, en dernier lieu, par ma famille me forcent à ne pas en rester trop longtemps é loi une.

Je prie donc V. E. de vouloir bien être encore une fois, auprès de l'Empereur, l'interprète de ma profonde reconnaissance et de mon entier dévouement, tout en Taisant connaître à S. M. les raisons puissantes qui m'obligent à profiter de l'indulgente bonté qu'Elle veut bien me témoigner.

Il est cependant aussi une autre considération que je ne puis manquer de présenter à V. Exe. et qui certainement a rendu ma détermination plus facile à prendre ; c'esl que, dans ma conviction intime, l'Empereur Hien-Foung n'accueillerait pas avec laveur les hauts fonctionnaires étrangers qui ont tenu à sis ministres un langage bien sévère, qui ont fait enlever d'assaut Canton et Ta-kou et qui, en allant menacer sa personne même, à quelques milles de Pe-king, l'ont forcé, le pistolet sur la gorge, comme ledit Lord Elgin, à subir des conditions dont quelquesunes lui paraissent humiliantes el fatales pour sa personne comme pour son vaste Empire, conditions, je le crains bien, qui ne pourront être mises à exécution que si la force les appuie.

(lette dernière opinion, que V. E. trouvera formulée dans plusieurs de mes dépêches, vient de recevoir une sorte de confirmation, puisque Lord Elgin s'est engagé vis-à-vis les Commissaires Impériaux à demander à son Gouvernement d'abandonner de fait sinon de droit la résidence permanente des Agents diplomatiques de l'Angleterre à Pe-King.

Veuillez, etc.

(Sig.) Bon Guos.

baron Gros que sur sa proposition l'Empereur l'avait élevé à la dignité de Sénateur « voulant par là reconnaître les services signalés qu'il venait de rendre au pays ».

ÉPOQUE DES RATIFICATIONS 3q

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