M. DE BOURBOULON A KOUEI-LIANG
Macao, le 18 mai i85g.
Par ma dépêche en date du 5 de ce mois3, j'ai eu l'honneur d'informer V. E., ainsi que le Commissaire Impérial Ilona, que le Commissaire Extraordinaire de France, le Bun Gros, ayant quitté définitivement la Chine, je restais chargé, en qualité d'Envoyé Extraordinaire, de représenter mon Auguste Souverain l'Empereur des Français auprès de S. M. l'Empereur de la Chine et de mettre à exécution le Traité solennel qui a été conclu l'année dernière, à Tien-tsin, entre nos deux Empires.
Je dois maintenant faire connaître à V. E. cjue je suis porteur d'une lettre autographe de S. M. l'Empereur des Français à S. M. l'Empereur de la Chine, que j'ai mission de présenter à S. M. en personne conformément à l'usage entre des nations amies, et afin que je sois ainsi dûment accrédité et mis en état de remplir convenablement les devoirs de ma mission comme Représentant de mon iVuguste Empereur auprès de la Cour de Pe-King.
î. Bine Book, pp. 5-6.
a. Exp. de Chine, p. 3qi, note.
3. Pour dire qu'il avait adressé le 17 avril une lettre an gouverneur de Canton pour lui demander s'il était prêta effectuer le 27 juin ou plus tôt te paiement en numéraire de 1533 333 33/ 100 tacls et la remise des bons de douane pour le reste et (pie le gouverneur étant mort, le trésorier a\ait répondu qu'il attendait des instructions du Commissaire impérial.
5a affaire ni; Tv-M>i, jli.n i85g
J'ai aussi à portera la connaissance du noble Ministre, que je suis en possession d'une Expédition du Traité de T'icn-tsin, du menl ratifiée par S. M. l'Empereur des Français, <|iie je suis chargé d'échanger à Pe-King, ainsi qu'il a été convenu dans le Traité, contre un document semblable également ratifié par S. \l. l'Empereur de la Chine, de telle sorte que ce pacte solennel soit revêtu de la sanction de nos deux Augustes Souverains et que les relations de paix et d'amitié entre les deux emprres soient établies désormais sur une base solide et durable.
Je m'empresse en même temps d'informer A . E. que conformément aux instructions que j'ai reçues de ma Cour, je me dispose à me rendre sans délai à T'ien-tsin. Lui annoncer ce projet, c'est lui dire que j'attends avec confiance de la prévoyance des Ministres de S. M. Impériale que les ordres nécessaires seront donnés pour me transporter, moi et ma suite, de là à Pcking, et pour qu'il soit pourvu à mon installation pendant mon séjour dans cette capitale, d'une manière convenable de tout point à la dignité du Souverain que j'ai l'honneur de représenter.
Je profite, &c. , &c.
(Sig.) A. Bouuboulon.
MORT DU VICE-ROI YE, IO AVRIL l8ÔQ.
Sur ces entrefaites, on apprit la mort à Calcutta, le 10 avril i85q, de Ye Ming-chen, l'ancien gouverneur général des Deux Kouang, fait prisonnier lors de la capture de Canton par les Alliés1.
M. Bruce écrivait à ce sujet à M. de Bourboulon (Hongkong, 12 mai 1809) :
His death seems to hâve been causée! by gênerai dérangement and debililv.
Mr. Alabaster who was in attendance on him as Interpréter, arrived hère tbis morning in charge of the body and accompanied by Yeh's China Attendant.