‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 45 sur 271 · DÉPART DES PLÉXIPOTENTIA IRKS POUR LE NORD · texte numérisé non relu

DÉPART DES PLÉXIPOTENTIA IRKS POUR LE NORD

stances il devait positivement refuser toute entrevue avec les Commissaires à Chang-Haï ; que sa résolution de se rendre à Pe-King était inflexible. Que son devoir était en même temps de prévenir S. E. Kouei-liang qu'il était décidé à insister pour qu'une réception en rapport avec la dignité de la nation qu'il représentait lui fût faite, et que tout manquement à cet égard aurait les plus sérieuses conséquences pour le Gouvernement impérial ». Cette note communiquée à M. de Bourboulon recevait l'entière approbation de celui-ci, .et elle était remise le 9 à Kouei-liang.

De son côté, le Ministre de France fut extrêmement désappointé en parcourant les plis remis pour lui au Consulat général de France par les Commissaires impériaux de n'y trouver que des réponses aux notes qu'il leur avait adressées pour les prévenir de la reprise de ses fonctions de représentant du Gouvernement français. En conséquence. M. de Bourboulon faisait remettre le 10 juin, à Kouei-liang, une note conçue absolument dans le même sens que celle de M. Bruce, auquel il la communiqua d'ailleurs :

Chang-Haï, le 8 juin i85g.

Je ne puis vous cacher, Noble Ministre, qu'en recevant hier à mon arrivée dans ce port diverses lettres olficlelles de V. E. et des autres Commissaires Impériaux, en réponse aux dépêches que je leur avais adressées avant mon départ de Macao, j'ai été grandement surpris de ne pas trouver parmi ces lettres une réponse à la note que j'avais adressée spécialement au noble Secrétaire d'État, en dernier lieu, à la date du 18 mai. Il m'a été d'autant plus difficile de m 'expliquer son silence sur une communication de cette importance qu'avant chargé le Consul Général de France à Chang-Haï de faire parvenir la dite dépêche sûrement à V. E., j'ai appris de lui qu'elle avait été remise le 27 du mois dernier au Tao-t'aï de ce district, et ma surprise a été encore plus grande lorsque j'ai su que le haut Représentant de S. M. Britannique, M. Bruce, avait reçu du noble Secrétaire d'Etat une réponse à une note semblable qu'il lui avait adressée de llong-kong en même temps et par la même occasion que la mienne. Je ne m'arrêterai pas sur le manque d'égards envers

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moi-même ri ma nation qu'il v a à avoir Laissé ma communication sans réponse, tandis qu'on a répondu à relie du Ministre de la Grande-Bretagne; il suffit de mentionner le fait pour le caractériser.

Cependant, je vois par cette réponse, que S. E, le Plénipotentiaire de S. M. Britannique a bien voulu me communiquer, que les Commissaires impériaux, eu même temps qu'ils lui déclarent qu'ils sont les seuls dignitaires par l'intermédiaire desquels l'échange <\rs Traités ratifiés pourrait avoir lieu à Pe-king, l'informent que leur voyage à la capitale occupera au delà de deux mois, c'est-à-dire qu'ils ne pourront être rendus à Pe-King que plus d'un mois après le jour fixé par le Traité pour cet échange, — qu'il n'y aura personne pour recevoir le Ministre Britannique à T'ien-tsin, et personne pour échanger les ratifications à Pe-King. Et, en conséquence, ils prient S. E. le Ministre anglais de différer son départ de Chang-IIaï.

Comme ma position, en ce qui regarde l'échange des ratifications des Traités et le voyage à Pe-King pour y remplir la mission dont je suis chargé par mon Auguste Empereur, est absolument la même que celle du Haut Représentant de S. M. Britannique, et comme en l'absence de la réponse qui aurait dû m'être personnellement adressée, je dois considérer celle laite à mon honorable collègue, le Ministre Britannique, comme me concernant également, je regrette d'avoir à déclarer au noble Secrétaire d'État que cette réponse tend, à mes yeux, à violer tout d'abord le Traité dans une de ses stipulations les plus importantes, au moment où il s'agit par un acte solennel de suprême sanction d'assurer et d'inaugurer sa loyale et entière exécution, et que, pour ma part, je n'y prêterai pas les mains. Me référant donc à ce que j'ai eu l'honneur de lui annoncer par ma dépêche du 18 mai dernier, je lui déclare ici, que je suis plus que jamais résolu à m'acheininer, sans aucun retard, vers la capitale pour y effectuer l'échange des ratifications du traité, dans le délai qui a été formellement stipulé et pour v présenter à S. M. l'Empereur de la Chine, en personne, la lettre de mon Auguste Souverain dont je suis porteur et que rien autre (pie des obstacles matériels ne pourront m'arrêter dans l'accomplissement de ma mission.

J'ajouterai que c'est avec un profond regret que j'ai vu que l'annonce de mon projet de me rendre prochainement dans la capitale de l'Empire Chinois, dans les circonstances (pie j'ai fait connaître, au lieu d'être répondue, connue j'avais le droit de

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m'v attendre, par l'assurance d'un accueil cordial et empressé de la part des hauts Dignitaires Ministres de S. M. l'Empereur de la Chine n'a rencontré qu'un silence équivoque, tendant à opposer des délais injustifiables à l'exécution des premiers engagements solennellement consentis par le Traité conclu l'année dernière, et peu faits pour préparer la bonne entente et les relations de sincère et solide amitié cpie ce traité a eu pour objet d'établir. — Je dois, en même temps, déclarer au Noble Ministre que, bien que placé dans la nécessité de poursuivre mon voyage vers la capitale sans aucune assurance de l'accueil que je pourrai rencontrer, je compte néanmoins que ma réception, tant en chemin qu'à Pe-King même, sera conforme aux relations amicales qui ont été heureusement rétablies entre nos deux empires et digne du souverain et de la nation que je représente, et que je renvoie à l'avance au Gouvernement de S. M. l'Empereur de la Chine, toute la responsabilité des graves conséquences qu'entraînerait nécessairement tout manquement, à cet égard, à ce qu'exigent les rapports de courtoisie établis par les traités et les usages consacrés entre les nations civilisées.

(Sig.) A. Bourboulon.

' En même temps que cette note, notre Ministre faisait remettre aux Commissaires Impériaux, une autre dépêche relative au règlement de notre indemnité. Au sujet de l'attitude des Commissaires Impériaux, M. de Bourboulon écrit (Chang-Haï, n juin iS5o) :

« Il ressort de tout ce que j'ai appris que les malheureux Commissaires Kouei-liang et Houa-cha-na, placés, le premier surtout en raison de son importance, entre une influence prédominante à Pe-King qui espère encore avoir raison des Barbares au moyen de la vieille lactique, - peut-être entre d'imprudentes promesses de leur propre part, se faisant forts de savoir nous tenir éloignés de la Capitale, - - et les exigences péremptoires des représentants de la France et de l'Angleterre fondéesur les stipulations formelles des Traités, -- que ces malheureux commissaires, dis-je, n'onl vu d'autre salut pour eux-mêmes que de rester à Chang-Haï, de s'y attarder au delà de l'époque où suivant le terme li\é par les Traités pour l'échange des ratili-

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cations, ils auraient dû se mettre en route pour pouvoir cire rendus à temps par terre à la Capitale, et qu'ils y sont restés, d'abord afin de pouvoir se couvrir vis-à-vis de leur gouvernement du prétexte de nous avoir attendus, ensuite dans l'espoir si chimérique et si vain qu'il eût pain à tous antres qu'à des Chinois après des déclarations aussi positives de notre part, qu'ils parviendraient encore à nous retenir au moins pendant quelque temps et nous amèneraient peut-être, pour ne pas voir l'échange des ratifications retardé au delà de l'époque stipulée, à consentir à ce que cet échange cnl lieu à Chang-Haï. »

Après de nouvelles tergiversations, des pourparlers entamés entre subordonnés des Commissaires impériaux et des Ministres étrangers, volte-face subite des Chinois.

Kouei-liang remet à M. de Bourboulon par l'intermédiaire du Tao-t'aï de Chang-Hai et de notre interprète M. Gabriel Lemaire.1, deux dépèches ; dans la première qui émane de lui seul, Kouei-liang déclare qu'à la suite des communications des ministres de France et d'Angleterre, les Commissaires impériaux s'acheminent immédiatement vers Pe-King; il s'excuse de son mieux auprès de M. de Bourboulon d'avoir laissé sans réponse la note de celui-ci du 18 mai :

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