‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 55 sur 271 · TRADUCTION D UN PLACARD AFFICHÉ A CANTON · texte numérisé non relu

TRADUCTION D UN PLACARD AFFICHÉ A CANTON

vu à leur première apparition. Cependant, les loris n'étaient point garnis de pavillons et le bruit des gongs ne s'y faisait point entendre. On eût pu les croire abandonnés. Les Barbares les examinèrent longtemps sans pouvoir reconnaître quel était le chiffre de la garnison.

Le 8e jour, les Autorités Barbares adressèrent une dépêche au Seng-Wang, c'est-à-dire à Seng-ko-lin-ts'in, pour lui dire qu'ils allaient se rendre à T'ien-tsin pour contempler les traits célestes du Grand Empereur et l'entretenir au sujet des traités. Le Seng- Wang répondit que les traités devaient être laits avec les Commissaires Impériaux à Chang-Haï et que les barbares devaient y retourner pour les en entretenir, mais qu'il n'était pas permis d'aller à Pe-King. Les Barbares déclarèrent leur intention de se rendre dans la capitale de gré et de force. LeSeng-W ang leur écrivit de nouveau que de quelque façon que ce fût, l'entrée de Pe- King était interdite et (pie s'il fallait se battre, il se battrait.

Les Américains écrivirent au Seng-\\ ang de leur côté, mais >ans parler d'hostilités.

Le 23e jour, les Barbares envoyèrent leur ultimatum désignant le ■>.") comme jour où les hostilités commenceraient s'il n'était pas fait droit à leur demande. Le Seng-\\ ang répondit que le i'\ même, il serait préparé.

Les Barbares anglais et français s'embarquèrent sur de petits navires à vapeur et entrèrent dans le port ; - — ils brisèrent les chaînes de fer et enlevèrent les pieux de l'estacade en bois.

i 3oo soldats débarquèrent fièrement et pleins de confiance ; ils crurent reconnaître les mêmes préparatifs que l'année dernière et pensèrent qu'ils pourraient avancer sans rencontrer d'obstacles.

Le 20 à midi, ils s'avancèrent par terre et par eau, — - 700 par terre qui attaquèrent les forts de droite.

Le bruit du canon faisait trembler la terre. Les ilècbes à fusées et autres étaient tellement nombreuses que la victoire était impossible pour les Barbares.

Ils perdirent Z100 hommes tant en ceux qui tombèrent dans des fossés boueux et profonds que par ceux qu'atteignit la canonnade des forts.

Quant aux 200 qui restaient ils furent obligés de se retirer avec perte.

Les 12 embarcations qui devaient attaquer par eau divisèrent leurs feux et attaquèrent les forts après avoir démoli l'estacade en pieux.

Trois bateaux à vapeur furent coulés. Le combat dura 2 jours

7& AFFAIRE DE TA-KOU, JUIN l85<)

pendant lesquels le canon ne se lut pas un instant et alla s'amollissant jusqu'au 28.

Les deux petits forts de l'entrée du fleuve ont été démantelés, mais leurs canons ont fortement endommagé 7 de leurs bâti ments.

Les troupes barbares de terre'et de mer furent donc complètement battues: 29 officiers ont été tués; 566 soldats anglais et 00 Français ont eu le même sorl .

Le Commandant en chef Fou (l'amiral Hope) a été blessé très grièvement. Quant aux soldats blessés on n'en sait pas le nombre.

Depuis plus de 100 ans, — ont dit les Barbares eux-mêmes, — les Français et les Anglais n'avaient essuyé une telle défaite.

Le combat cessa donc après que les Barbares curent appris à leurs dépens que le soldat chinois sait être brave et que la Chine possède aussi des hommes capables que le passé n'avait pas mis en évidence.

Ils ont vu que le tir de nos canons était bien dirigé et que les boulets étaient mieux conditionnés, et ils ont laissé comprendre qu'ils croyaient que les Russes s'étaient alliés à nous secrètement.

Le g du 6'' mois, les bâtiments Européens sont retournés à Chang-Haï en grande hâte disant qu'ils reviendraient avec des forces. Mais les soldats de l'Empire céleste sont nombreux. Les forts et les lleuves sont bien gardés et difficiles à prendre, et, quelque soit leur nombre ou leur vaillance, leurs efforts seront vains l.

Le Ier juillet, l'Amiral Hope adressait une lettre officielle à M. Bruce pour l'informer que « the means at bis disposai hâve proved insufficient to remove the obstacles opposed to your entry at the mouth of trie Pei-ho ; and thaï they are of so formidable a nature tbat any further opérations cannot lead to successful resuit ».

DEFAUT DES PLENIPOTENTIAIRES

L'Amiral Hope avait envoyé ses dépêches le /j juillet par 1. Pour trad. conforme (sig.) : G. Loiaire.

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