LA MISSION DE M. WARD
\l. WARD ET LES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, M. John É. Ward avait tait part le 28 mai 1809 de sa nomination d'envoyé extraordinaire et minisire plénipotentiaire des Etats-Unis en Chine aux Commissaires impériaux Kouei-Liang, ITouacha-na et Touan ; il leur avait annoncé en même temps qu'il était porteur d'une lettre autographe du Président pour l'Empereur de la Chine, et qu'il était en route pourPe-King afin de la remettre en personne.
Le 3o mai, les Commissaires répondaient à M. Ward qu'ils éprouvaient la plus grande satisfaction en recevant sa communication, mais qu'a leur point de vue la ratification du traité étant une chose de grande importance, il leur paraissait peu désirable qu'elle fût faite à la hâte ; qu'euxmêmes n'ayant pas terminé leurs négociations avec lord Elgin, ils étaient restés à Chang-IIaï sans retourner à Pe- King, que leur voyage à la capitale durerait sans doute deux mois ; ils engageaient d'ailleurs le ministre américain à attendre avant de monter vers le Nord la fin des chaleurs de l'été, et à désigner un jour pour une entrevue.
Le Ier juin, M. Ward répondait qu'il ne partageait pas les vues des Commissaires et fixa le 9 juin comme date de l'entrevue. Au cours de l'entrevue, M. Ward leur déclara que
LETTRE DE M. DE BOURBOULON Si
le délai fixé par le traité américain expirait le 1 8 juin et qu'il désirait connaître quels arrangements avaient été faits pour exécuter cette clause ; les Commissaires reconnurent l'exactitude de la réclamation, mais annoncèrent qu'il leur était impossible de se trouver à Pe-Kingle 18. Dans une dépêche du ii juin, les Commissaires impériaux prévinrent M. Ward qu'ayant reçu les dépêches des ministres français et anglais depuis leur arrivée à Chang-Haï, dans lesquelles ceux-ci marquaient que le moment d'échanger les ratifications des traités était si proche, qu'ils ne pouvaient rester plus longtemps dans cette ville, ils s'étaient décidés eux-mêmes de partir pour la capitale le 16 juin. En conséquence, M. Ward quitta Chang-Haï le matin du iG juin, sur la frégate le Powhatan, battant pavillon du commodore Tattnall, remorquant le vapeur affrété To'ey-wan et arriva dans la matinée du mardi 2 1 juin à l'embouchure du Peï-IIo : les ministres français et anglais étaient déjà arrivés ; dix-sept vapeurs se trouvaient sous les ordres de l'amiral Hope ; il y avait en outre à l'ancre en dehors de la barre les bâtiments français Du Chayla et Norzagaray.
LETTRE DE M. DE BOIR150ULON, 4 JUILLET i85q.
La lettre suivante de M. de Bourboulon ' indique l'état des négociations du ministre américain :
Il me reste, M. le Comte, à vous faire connaître succinctement la position des Américains dans les conjonctures actuelles en vous donnant un court résumé tant des pourparlers qui ont eu lieu à Chang-Haï entre le Ministre des Etats-Unis et les Commissaires Impériaux, immédiatement avant notre arrivée, que de ce qui s'est passé ici entre M' Ward et les Autorités chinoises. Les rapports de ce Ministre avec les Commissaires à Chang-Haï,
i. Lettre au Ministre des Affaires étrangères, Du Chayla devant le lJeï-ho, \ juillet [859.
Cordiek. — Expéd. de Cliine. i8<>o. 6