‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 61 sur 271 · LETTRE DE M. DE BOURBOULON QT · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE BOURBOULON QT

d'accepter l'entrevue avec l'Empereur avec la condition qui y était attachée, aurait été le motif donné officiellement au refus du Gouvernement chinois d'échanger le traité américain à Pe-Ring et du renvoi de Mr Ward à Pe-t'ang pour en échanger les ratifications avec le vice-roi du Pe Tche-li ; tandis que non seulement Rouei-Liang et les autres Commissaires impériaux avaient déclaré à Mr Bruce, qu'eux seuls avaient pouvoir pour effectuer cet échange, mais lorsque, bien plus, un décret impérial notifié à Pe-t'ang au Ministre Américain lui-même l'avait formellement invité 1 5 jours auparavant, à venir « échanger les Traités » à la capitale. — J'ajouterai encore à ces informations que j'ai tout lieu de croire de toute exactitude, que mon collègue des Etats-Unis, avant de quitter Pe-Ring pour retourner à Pe-t'ang, avant demandé que la mise en vigueur du nouveau tarif et des règlements commerciaux en ce qni concerne les citoyens américains suivit immédiatement l'échange des ratifications, il a été renvoyé à s'entendre à cet égard avec le Commissaire Impérial Vice-Roi des Deux Riang, Ho, chargé comme on sait de traiter les affaires commerciales, — et d'après quelques mots qu'il m'a dit à ce sujet (et il en a également entretenu Al . Bruce) on lui aurait donné à entendre en même temps, que IIo, avant -de prendre une décision sur cette affaire aurait à se concerter avec les Ministres d'Angleterre et de France, — ce cpii voulait dire que la mise en opération du nouveau règlement commercial à l'éeard des Américains, serait subordonnée à la ratification des Traités Anglais et Français.

En somme, la visite de M1' Ward à Pe-Ring, à en juger seulement par ce que nous en connaissons déjà d'après les rapports des Américains eux-mêmes, ne signale pas un progrès dans les relations des puissances occidentales avec l'Empire chinois : ce qu'a fait ce Ministre a pu être- conforme aux intentions et au\ instructions de son Gouvernement, et sous ce rapport M1* Ward peut trouver vis-à-vis de lui-même, une consolation et une justification dans la conscience d'un devoir accompli ; mais comme homme de cœur (ce que je le crois) et comme représentant d'une nation dont un excessif amour-propre national est le caractère distinctif, il a dû j'en suis convaincu profondément ressentir toutes les humiliations qu'on lui a fait traverser ; ce sentiment du moins est général parmi ses compatriotes, et nVs! manifesté surtout, on peut dire sans déguisement, dans le langage des Officiers de la Marine américaine qui ont pris part à l'expédition. Il est certain, - m l'on se reporte aux précédents, — quejamais

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