‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 83 sur 271 · POLITIQUE DE L, ANGLETERRE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE L, ANGLETERRE

m. le duc de montebello a s. e. m. thouvenel

St Pctersbourg, lo i5 février 18G0.

Monsieur le Ministre,

Le Prince Gortschakov a reçu clos nouvelles de Pe-King du 3/i5 Décembre dernier. Le général Ignatiev mande que l'Empereur, après une maladie assez dangereuse de quinze jours, est rentré dans sa capitale. Quelques jours avant la date de ses dépêches, quelques bâtiments étrangers s'étaient montrés de nouveau àTa-Kou. Le Seng-Wang1 avait retardé son retour à Pe- King et restait à T'ien-Tsin.

On avait de la province de Ho-Nan des nouvelles plus satisfaisantes ; les insurgés s'étaient dispersés en bandes pour piller et étaient devenus moins à craindre.

On assurait à Pe-King que le Gouvernement Impérial avait envoyé aux autorités locales de la province de Chan-ïoung l'ordre d'ouvrir au commerce le port de Den Giaou Fu 2, sur la base du traité de T'ien-Tsin. Le Gouvernement Impérial s'y était décidé parce qu'il avait reconnu l'impossibilité de se défendre sur ce point ; il ne croyait pas non plus pouvoir se défendre à T'ien- Tsin. En ouvrant au commerce le port dont je viens de parler, il avait eu soin de constater que cette mesure était spontanée et accordée en vertu d'une autorisation spéciale. Le Général lgnaliev pensait que le Gouvernement Chinois voudrait apaiser les Barbares d'Occident et éviter la guerre avec la France et l'Angleterre en montrant que l'Empereur n'a pas eu l'intention de violer le traité de T'ien-Tsin et qu'il est prêt à consentir à quelquesunes des demandes européennes ; que par conséquent l'affaire de Ta-Kou doit être considérée comme un fait particulier amené par l'impétuosité du Plénipotentiaire anglais et par ses demandes démesurées et illégales. Les Chinois soutiennent que le Seng-wang s'est borné à repousser l'attaque de l'escadre anglaise qui voulait pénétrer violemment dans le Peï-ho.

1. Voir II. Cordier, Hist. des Relat., I, pp. 243-?44. ■i. Sans doute Teng-tcheou fou, chef-lieu de la préfecture dans laquelle est situé Tche-fou, ou plutôt Yen T'ai.

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