‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 89 sur 271 · INSTRUCTIONS DV B\RON GROS · texte numérisé non relu

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ment qui affecterait à la liquidation successive de l'indemnité une certaine portion des revenus de la douane chinoise. Mais, dans le cas où on ne pourrait arriver à un arrangement de cette nature, le gouvernement anglais considère comme indispensable une prise commune de possession, soit de l'île de Chousan, soit d'un autre point de la Chine qui resterait alors avec Canton aux mains des forces alliées jusqu'à complet paiement de l'indemnité. C'est une question que le Gouvernement de l'Empereur signale aussi à votre attention, ne doutant pas que l'examen que vous en ferez, le cas échéant, avec Lord Elgin et les Commandants en chef, ne vous amène à prendre d'un commun accord les mesures les mieux combinées pour empêcher le Gouvernement chinois de se soustraire à l'accomplissement de ses engagements pécuniaires. En vous nommant son Ambassadeur Extraordinaire et son Haut Commissaire en Chine, l'Empereur a naturellement remis entre vos mains tous les pouvoirs politiques et le soin exclusif de conduire les négociations. Cependant, M. le Baron, un corps expéditionnaire considérable a été déjà envoyé en Chine et se trouve destiné par sa composition d'élite autant que par le mérite des chefs, placés à sa tète, à jouer un rôle important dans la masse des événements. Vous apprécierez mieux que personne l'utilité du concours que M. le général de Montauban et M. le Vice-Amiral Charner sont appelés à prêter à votre mission et j'ai la pleine confiance qu'ils mettront autant de soin que vousmême à témoigner en toute occasion de la parfaite entente que réclame le service de l'Empereur. Je n'ai pas besoin de vous faire remarquer, d'ailleurs, que MM. les Commandants en chef des forces alliées seront seuls à même de juger, par suite de leur compétence toute spéciale, de la nature des opérations à entreprendre ainsi que des moyens d'exécution à employer. 11 esl surtout une circonstance dans laquelle l'avis qu'ils auraient émis, devrait être du plus grand poids, c'est si, au moment de l'arrivée des deux Ambassadeurs en Chine, les hostilités se trouvaient déjà entamées. Le Gouvernement de Sa Majesté Britannique a reconnu et nous nous associons à cette manière de voir, qu'il v aurait alors pour Lord Elgin comme pour vous obligation de suspendre toute démarche qui pourrait exposer à un risque quelconque nos forces de terre ou de mer. Cet intérêt sauvegardé, la confusion des responsabilités qui doiveni rester distinctes, dans le cercle spécial de leur action, n'est plus possible, la période diplomatique commence et il n'appartient plus qu'à vous et ;'i votre collègue de l'amener ;i son terme: je regar-

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lierais, toutefois, comme utile cl convenable que les Commandants en chef accompagnassent les Ambassadeurs à Pe-King et participassent officiellement aux honneurs qui leur seronl rendus. Je n'ai pas à entrer ici dans le détail (les instructions spéciales que comportent les opérations à entreprendre, au cas oîi l'emploi de la contrainte matérielle serait devenu inévitable, ces instructions ont été données aux Commandants en chef par MM. les Ministres de la Guerre et de la Marine. Je crois utile, toutefois, de vous dire, à titre d'information générale, que le Gouvernement de l'Empereur et celui de S. M. Britannique ont désiré restreindre l'emploi des voies de rigueur à la mesure indispensable pour amener le cabinet de Pe-King à respecter et à remplir des" engagements solennels; qu'ils ont voulu, dans ce but, que les opérations de guerre projetées n'affectassent, autant que pos sible, epic les parages situés au nord du Yang-tseu Kiang et que rien ne fut négligé pour se maintenir sur tous les autres points en bons rapports avec les populations, tant que des motifs sérieux et légitimes n'obligeraient pas les commandants des forces alliées à élargir les limites indiquées ci-dessus. Les plans éventuellement combinés consistent à effectuer un débarquement dans le Pei-IIo et à marcher sur T'ien-Tsin pour y prendre position. Il ressort suffisamment de ce qui précède que vous aurez de même que Lord Elgin, en ce qui concerne cette opération, ou s'il y avait nécessité de dépasser ce point ou de s'y établir pour l'hiver, à vous guider dans vos résolutions d'après les avis et le sentiment des commandants militaires. Mais il est une hypothèse qui, par son caractère politique, appelle à l'avance votre examen et celui de votre collègue. Il se pourrait que le développement et le succès de nos opérations en inspirant à l'Empereur de la Chine des craintes pour sa sécurité personnelle, lui fissent prendre le parti d'abandonner sa capitale et de se retirer, pour attendre la suite des événements, dans les parties les plus reculées de son empire. C'est là un danger que votre prudence devra s'employer à conjurer. Il ne saurait, en effet, entrer dans nos vues de renverser le souverain actuel de la Chine; or, si par le fait de son départ ou par un concours de circonstances quelconques, il se produisait une désorganisation dans le gouvernement central de l'Empire habitué à fonctionner à Pe-Ring, l'insurrection dont l'intérieur delà Chine continue à être le théâtre, gagnerait sans doute, rapidement les autres parties de l'Empire et y achèverait la destruction de l'autorité souveraine. De notre coté, nous nous trouverions alors, sans parler des complications matérielles, plus

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