‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 88 sur 271 · INSTRUCTIONS DU RARON GROS · texte numérisé non relu

INSTRUCTIONS DU RARON GROS

tion dans cetle ville, du moment où le gouvernement britannique n'étant plus lié par l'arrangement consenti par Lord Elgin avec les commissaires chinois, avait repris lui-même le droit de réclamer sur ce point l'exécution pleine et entière de l'article 2 de son traité î l\° stipuler qu'il nous serait payé par le gouvernement chinois une indemnité en rapport avec les dépenses que sa conduite allait nous imposer : 5° enfin accorder, pour accepter ces conditions, un délai de trente jours, à l'expiration duquel, s'il n'y avait pas eu adhésion du gouvernement chinois, l'emploi des voies de rigueur serait immédiatement prescrit contre lui.

Je ne saurais préjuger quel aura été sur le cabinet de Pe- King, l'effet de cette démarche décisive si, comme il y a tout lieu de le supposer, elle a été déjà faite par MM. de Bourboulon et Bruce ; mais, en quelque état que vous trouviez les affaires, l'Empereur ne doute pas que vous ne puissiez employer efficacement vos efforts pour amener un dénouement satisfaisant des complications pendantes. Vos rapports antérieurs avec les fonctionnaires les plus élevés du Céleste Empire, votre connaissance toute spéciale du traité dont il s'agit aujourd'hui d'assurer la complète exécution, vous seront d'un aide puissant dans les négociations nouvelles que vous aurez à poursuivre et vous permettront sans doute de faire plus facilement accepter au gouvernement chinois des conseils de prudence et de modération. On ne saurait, il est vrai, préjuger la tournure que vont prendre les événements, ni prévoir les incidents de nature à influer sur les déterminations que vous aurez à combiner avec Lord Elgin ; il est donc nécessaire que les deux gouvernements laissent à leurs ambassadeurs une grande latitude d'appréciation et d'action. Je me bornerai à rappeler qu'il est trois points sur lesquels le gouvernement de l'Empereur, de même que celui de S. M. Britannique, considère comme essentiel d'obtenir satisfaction du Cabinet de Pe-King. Ce sont : i° les excuses formelles que réclame l'outrage fait aux pavillons alliés dans le Peï-ho ; 20 l'échange des ratifications des traités de T'ien-Tsin et la mise à exécution de ces traités ; 3° le paiement à chacun des deux gouvernements d'une indemnité de 60 000 000 de lianes dans laquelle se confondra l'indemnité précédemment stipulée. Je n'ai pas besoin d'établir à vos yeux la légitimité de ces exigences.

fa première d'entre elles, déjà justifiée au lendemain de l'affaire de Ta-Kou, ne saurait plus être écartée depuis que l'Empereur de la Chine a donné une approbation officielle à l'attaque dirigée contre les forces alliées.

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Quanl à l'échange des ratifications, il esl évidemment indispensable qu'il s'effectue à Pe-King, ainsi qu'il avait été convenu, cl que, dans ce but, vous vous rendiez dans la capitale el \ soyez reçu avec les honneurs dus à voire rang. Vous vous assurerez en même temps, que la mise à éxecution de notre traité ne souffrira ni retard, ni difficulté. La durée de votre séjour à Pe-King, après rechange des ratifications, dépendrait de l'utilité que nous y veniez pour le complel succès de voire mission.

Vous apprécierez, d'ailleurs, avec Lord Elgin, s'il y a inlérèl à ce que vous ayez une entrevue directe avec l'Empereur el si le cérémonial qui l'accompagnerait est compatible avec la dignité des gouvernements que vous représentez. A l'égard de la permanence d'une mission diplomatique à Pe-King, bien qu'elle ne soit pas expressément stipulée par les clauses de notre traité, nous avons le droit d'y prétendre par assimilation de traitement. En conséquence, si le gouvernement anglais s'en tient à l'exécution rigoureuse de l'article de son traité qui l'autorise à accréditer un ministre de la Reine en résidence dans la capitale, je vous lai>se à vous entendre avec Lord Elgin sur la mesure dans laquelle vous formuleriez vos exigences. Le cabinet de Londres inclinerait à penser qu'il y aurait peut-être des inconvénients, à raison de la difficulté des communications avec Pe-King pendant l'hiver, à v laisser dans celte saison un représentant étranger.

Le chiffre de soixante millions de francs auquel le Gouvernement de l'Empereur et celui de S. M. Britannique ont fixé l'indemnité qui devra être pavée à chacun d'eux, ne sera bien certainement, en ce qui nous concerne, qu'une compensation insuffisante des charges considérables que vont faire peser sur le trésor français les frais de l'expédition militaire presque complètement rendue maintenant en Chine, mais nous avons tenu à demeurer sur ce point, comme sur tous les autres, en complet accord avec le cabinet de Londres et nous avons renoncé, dans ce but, à maintenir le chiffre de cent millions que nous avions adopté en premier lieu comme constituant seul un remboursement réel du montant prévu de nos dépenses.

Le Gouvernement Britannique serait disposé à admettre qu'après l'obtention d'excuses pour l'affaire de Ïa-Kou et la ratification des traités de Tien-Tsin, l'occupation d'un point quelconque du territoire chinois et de Canton, notamment, comme garantie matérielle de paiement de l'indemnité stipulée ne serait plus aussi nécessaire s'il y avait moyen d'assurer ce paiement de quelque autre manière, comme serait, par exemple un arrange-

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