CHAPITRE PREMIER LES CONSÉQUENCES DES TRAITÉS DE T'IEN-TSIN
u POOTS NOIRS
La capture de l'équipage de V Arrow par le vice-roi de
Canton et le meurtre de l'abbé Chapdelaine dans le Kouang-si
avaient été les prétextes d'une guerre entre la Chine d'une
part et la France et l'Angleterre d'une autre, guerre dont
.^les causes étaient plus profondes ; dans une série de difficiles
g négociations poursuivies pendant, précédant ou suivant
2 une action militaire énergique, le baron Gros pour la
t^ France, lord Elgin pour l'Angleterre, avaient 'été conduits
de Canton à Chang-hai, de Chang-hai à T'ien-ïsin où le
26 et le 27 juin 1808 ils avaient enfin signé des traités de
paix et d'amitié avec les représentants du Fils du Ciel.
Parallèlement à l'action diplomatique et militaire de la France et de l'Angleterre, la Russie, par l'intermédiaire du comte Poutiatine, les Etats-Unis, par celui de W. R. Reed, poursuivaient un but semblable, celui de conclure un accord leur concédant des avantages commerciaux et politiques qui leur avaient été refusés jusqu'alors et, pacifiquement, ils obtenaient avant les deux Alliés et grâce aux efforts de ces CoRDiER. — Expéd. de Chine, 1860. i
3 LES CONSEQUENCES DES TRAITÉS DE T lEN-TSIN
dorninrs des conditions équivalentes par les traités qu'ils signèrent à T'ien-tsin le i 'i3 juin et le 18 juin i858.
Il fallait encore plusieurs expériences semblables pour que les Chinois se rendissent compte qu'ils n'étaient pas capables de lutter par la force contre les étrangers et pour que ceux-ci comprissent que sur le terrain de la diplomatie leurs adversaires inlassables n'étaient jamais à court d'arguments pour arrêter la marche d'un adversaire victorieux ; la parole des uns eut souvent raison des armes des autres.
Il était facile d'ailleurs pour tout esprit observateur de s'apercevoir que les traités de T'ien-tsin, tout au moins celui conclu par l'Angleterre, n'étaient qu'une trêve. La Chine désireuse d'éloigner de sa capitale les Barbares d'Occident s'était hâtée de signer le document libérateur, quitte à en rejeter plus tard les clauses qui lui paraissaient inacceptables.
Un des articles du traité anglais arraché — malgré les conseils de ses collègues français, russe et américain — par lord Elgin à la faiblesse chinoise suffisait à lui seul pour rendre le traité impossible à l'orgueil de l'Empereur mandchou : celui qui était relatif à la résidence permanente des agents diplomatiques étrangers à Pe-King ; Hien-Foung, il était évident, ne sanctionnerait jamais l'article d'un traité qui permettait à des barbares méprisés de résider dans sa capitale et que les hasards de la vie dans la môme ville pouvaient l'exposer à rencontrer ; il ne quitterait sa demeure lointaine de Djehol que lorsqu'il serait assuré qu'un contact aussi dégradant lui serait épargné.
Sans aucun doute, les Chinois avec leur ténacité remarquable tenteraient de regagner un peu du terrain perdu et d'obtenir sinon le retrait total, tout au moins l'abandon partiel des clauses des traités qui leur paraissaient léonines. Ils allaient d'ailleurs avoir l'occasion de rouvrir les négociations à propos de la discussion du tarif commercial dont l'établissement était pré\"u par les articles 26 et 28 du traité anglais et les articles 9 et 27 du traité français.
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