‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 111 sur 236 · LETTRE DU GÉ>ÉR.4L MOMALBAN AU BARON GROS, IQ JUILLET · texte numérisé non relu

LETTRE DU GÉ>ÉR.4L MOMALBAN AU BARON GROS, IQ JUILLET

Quartier général de Tche-fou le 19 juillet 1860.

-Monsieur l'Ambassadeur,

J'ai l'honneur de vous accuser réception de la dépêche que V^ E. m'a adressée le 17 juillet courant.

Les communications cju'elle renferme étant entièrement conformes aux instructions que j'ai reçues de S. E. le Ministre de

LETTUE UU UENEUAL MONTA UBAN AU BAUON GUOS ^Oi)

la Guerre, Il ne me reste plus qu'à poursuivre, d'après le désir (jue vous m'en exprimez, au nom du Gouvernement de l'iMopcrcur, les opérations militaires qui doivent vous conduire à ï'ien- Tsin, lieu choisi par vous et votre collègue. Lord Elgin, pour ouvrir des négociations avec le gouvernement impérial.

Dans cet ordre d'idées, vous me demandez, M. l'Ambassadeur, de vous l'aire connaître, en tems et lieu, les dispositions (jue j'aurais prises et les résultats obtenus, pour atteindre le but proposé ; voici où nous en sommes aujourd'hui :

Après des obstacles de toute nature dont V. E. a eu sans doute connaissance, \e suis parvenu à compléter tout ce qui était indispensable pour le succès des opérations militaires dont la direction m'est confiée, et je suis prêt à partir, il ne me reste plus qu'à presser rembarc|uement du matériel nécessaire.

Une circonstance imprévue s'est cependant présentée et pourra occasionner un retard qui, dans aucun cas, n'ira au delà du aS de ce mois, pour que toute l'expédition (personnel ou matériel) commence son embarquement pour le personnel et l'achève pour le matériel.

Cette cause de retard, qui peut se produire, tient à un changement de plan dans la direction des opérations que je pensais pouvoir entreprendre en débarcjuant au sud des forts du Peï-Ho, par suite d'une reconnaissance faite par M. le Contre-Amiral Protêt, reconnaissance dont le résultat se trouve aujourd'hui complètement contredit par le rapport d'une dernière reconnaissance faite en commun par le service de la marine et celui de l'armée de terre.

Ce dernier rapport constate l'impossibilité physique d'un débarc|Uiement sur la côte du Pe Tche-li, au sud du Peï-Ho.

11 devient dès lors indispensable qu'une nouvelle conférence ait lieu entre les chefs anglais et français pour arrêter de nouvelles dispositions d'attaque, et Lord Elgin, avec lecjuel j'en ai causé, a expédié de suite un bâtiment à vapeur pour engager le général en chef anglais, Sir Hope Grant et l'amiral Hope, à venir se concerter de nouveau avec l'amiral Charner et moi.

Tel est l'état actuel de la question, M. l'Ambassadeur, mais, je le répète, le retard, que peut occasionner cet incident, sera insignifiant et je pense que si nos Alliés sont prêts, nous pourrons être tous réunis le 1^7 dans le golfe de Pe ïche-li, au point assigné pour le rendez-vous des deux flottes.

La plus grande difiiculté consiste en ce moment, dans la mise à terre des troupes assez près de la flotte pour que celle-ci puisse

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alimenter l'nrinéc qui, bien certainement, ne trouvera à terre aucune ressource en vivres. L'armée une fois débarquée, je ne mets pas en doute qu'elle justifiera pleinement et promptement la confiance que S. M. l'Empereur a placée dans ses vaillants soldats.

Veuillez, etc.

Le G"' de D°" Com' en Clief,

(Sig.) Cil. de MONTAUBAN.

ME.MOR.V.NDL M DE LOUD ELGIN ', iG JUILLET 1860.

Lorsque les ambassades extraordinaires ont quitté l'Europe, on supposait, qu'à leur arrivée en Chine, elles trouveraient de deux choses l'une, ou que les ultimatums présentés au gouvernement chinois par les ministres anglais et français avaient été acceptés et que les relations pacifiques entre l'Angleterre et la France d'une part, et la Chine de l'autre avaient naturellement été rétablies ; ou que ces ultimatums avaient été rejetés et qu'en conséquence les opérations militaires avaient été déjà commencées.

Dans l'état actuel des choses, aucune de ces hypothèses ne se réalise : les ultimatums ont été rejetés, sans doute, mais ce rejet n'a encore été suivi d'aucun acte d'hostilité.

II est cependant nécessaire que les Ambassadeurs examinent la ligne de conduite qu'ils doivent adopter dans la situation où ils se trouvent placés par la conjoncture actuelle.

11 est à craindre que, s'ils notifient leur arrivée au Gouvernement chinois, avant que les Commandants en chef n'aient fait un mouvement en avant, la cour de Pe-King ne profite de cette occasion pour soulever des discussions qui entraîneront des délais, qu'à tout prix on doit éviter.

Il est, d'ailleurs, presque certain qu'une notification à cet effet, faite dans les circonstances actuelles, serait regardée par le Gouvernement chinois comme un aveu de faiblesse, et qu'elle lortilierait en lui la conviction de sa supériorité les armes à la main, supériorité que les événements de l'année passée, on peut le supposer, lui ont inspirée.

Il n'est pas besoin de remarquer que tant que cette conviction durera, il y a peu de chance d'espoir pour une solution satisfai-

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