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PLAN t)U GliNÉU.Vr, GHA.NT 269
entre les deux généraux en chef à ce sujet : Montauban, comme nous l'avons vu, voulait qu'on traversât le Peï-Ho et qu'on attaquât le grand fort sud de la rive droite; le général Grant, et d'ailleurs aussi le général Collineau, étaient d'avis d'ouvrir le feu sur les forts du nord, sur la rive gauche ; on conservait de la sorte une base d'appui à Pe-t'ang ; ce furent ces derniers qui l'emportèrent et l'événement leur donna raison, car après la capture des forts de la rive gauche, ceux de la rive droite se rendirent sans combat. Néanmoins, le général Montauban crut devoir rédiger la protestation suivante, qu'il retira plus tard ' :
Du Bivac de Sin-ho, le 20 août 18G0.
Réponse au Mémorandum.
1° L'attaque des forts qui restent sur la rive gauche me semble complètement invitlle, ainsi que le Général Grant l'a reconnu lui-même il y a trois jours, lorsque nous étions conAenus de ne pas nous occuper de ces forts qui tomberont tout naturellement lorsque ceux de la rive droite dans lesquels sont réunis tous les moyens de défense seront tombés eux-mêmes. C'est donc contre les forts du sud que tous les efforts d'action doivent être dirigés.
I. Cette protestation de ÎMontauljan a permis au colonel Knollys dans l'article biographique qu'il a consacré au général Grant dans le Dict. of National Biogra/tlir de dire :
« The coopération of his French Allies proved a greater obstacle to his success than tlie antagonism of his Chinese enemy. Thus, the French commander, ^lontauban. insisted that the vulnérable point of the Taku forts Avas the earthwork south of the Pei-ho, whereas Grant was resolute that the attack should be directed against the north fort. The English General adhered to his détermination, in face of the opposition of ail the French and of some of the English Officers. Montauban, in a formai written protest, washed his hands of ail responsibility, and declined to participate in what he considered a hopeiess undertaking, though at the last moment, with a prudent care for possibilitles, he despatched four hundred infantry and two batteries to « put in an appcarance ». After the ilnsoundness of his opinions had bcen practically demonstrated, he sent to beg for the return of his protest, n
:>.6o TA-KOU
Tonl ce qui sera tenlc contre les forts du nord, n'a\na pour résultat que de retarder les opérations de l'armée de mer.
•),*' Le l'orl extérieur du nord étant à peu près de trois mille mètres du fort intérieur, le feu des canonnières n'atteindra pas le but que l'on se propose.
Quant à réduire le feu des forts du sud, les canonnières trouveront dans la rivière des obstacles qui ne leur pcrmettroni pas de venir assez près pour obtenir ce l'ésultat. La véritable attaque des forts du sud est par terre, et dans ce cas seulement l'on conçoit que la marine puisse y concourir. Laisser les canonnières exposées au feu des forts du sud, sans que ces forts soient inquiétés par terre, me semble une faute capitale contre les règles les plus simples de 1 art de la guerre.
3° La dislance où se trouveront les canonnières du fort intérieur du nord ne me permet pas de comprendre comment elles pourraient ouvrir leur feu sur ce fort.
4° Aucune communication par la rivière entre l'armée de terre et l'armée de mer ne me parait possible, même par les canonnières, tant que les forts du sud seront debout ; et povn- débarrasser la rivière des obstacles du côté de la rive nord, il faudrait que ces obstacles fussent à une telle distance des forts du sud que ceux-ci ne puissent pas atteindre les travailleurs — ce qu'il est impossible d'admettre.
En résumé, de deux clioses l'une: ou les forts du nord seront défendus ou ils seront abandonnés. Dans le premier cas, l'opération de leur attaque ne donnera aucun résultat sérieux pour la solution de la question, ni même aucune satisfaction pour la marine; on v perdra peu de monde peut-être, mais inutilement. Dans le second cas, de quelle utilité sera leur occupation?
De tout temps les forts» du sud ont été considérés comme le véritable siège de la puissance de la défense, et c'est contre l'attaque de ces forts de concert avec l'armée de ten-e que notre brave marine alliée trouvera l'occasion d'une revancbe glorieuse.
fout en considérant le plan proposé comme contraire à ce cjui avait été convenu d'abord, et comme opposé à mes idées sur la manière de conduire cette opération, je n'en enverrai pas moins une force française de terre pour agir concurremment avec nos Alliés, et témoigner par sa présence du désir que j'ai de concourir à toutes les opérations.
Mes observations ont surtout pour but de dégager ma responsabilité militaire vis-à-vis de mon gouvernement dans le cas où