DEMANDES DES COMMISSAIRES IMPERIAUX
Peu de jours avant que lord Elgin ne quittât Chang-Haï pour remonter le Yang-tseu Kiang, les Commissaires Impériaux avaient écrit aux trois Plénipotentiaires de France, d'Angleterre et des Etats-Unis, des notes à peu près semblables. Lord Elgin se borna à leur en accuser réception, promettant d'y répondre à son retour du '\ ang-tseu-Kiang et il demanda avec instance au baron Gros de laisser pour lui, au Consulat de Chang-Haï, une copie de la réponse qu'il ferait aux Commissaires Impériaux. M. Reed passa une note évasive, mais à leur sollicitation, il réduisait de looooo taels l'indemnité qu'il avait obtenue du Gouvernement chinois pour les pertes éprouvées par les citoyens américains lors de l'incendie des factoreries de Canton qui ne recevaient donc que 5ooooo taels au lieu de 600 000 qui avaient été stipulés (le tael valait alors 8 fr. 5o sur Paris).
DERNIKRES NEGOCIATIONS
Quant au baron Gros, il dut, nécessairement, en répondant aux Commissaires, ne s'engager à rien et tout en approuvant les idées qu'ils émettaient sur les garanties à donner à la Chine pour qu'elle n'ait pas à se repentir d'avoir fait de si larges concessions aux deux puissances alliées, il dut se contenter de leur annoncer qu'il en référerait à son Gouvernement sur tous les points qui, touchant aux relations internationales de la Chine avec les nations qui n'ont pas de traités avec elle, n'étaient pas de sa compétence.
11 évita avec soin de se prononcer sur l'éAacuation immédiate de Canton par nos troupes dès que les indemnités dues par le Gouvernement chinois nous auraient été payées, persistant à croire que nous ne devions rendre Canton que lorsque les ratifications échangées à Pe-King auraient été suivies de la mise à exécution loyale des principales clauses du traité et l'on sait qu'à la demande réitérée qui avait été adressée par les Commissaires Impériaux aux diplomates étrangers, ce n'est qu'à l'expiration de l'année révolue depuis la signature du traité, que ses clauses deviendraient obligatoires. L'événement prouva la sagesse de la conduite du baron Gros.
:VOTE DES COMMISSAIRES lAIPERTAUX
Chang-Haï, 6 novembre i858.
KouEi, Par autorité suprême de la Grande Dvnastie des Ts'ing, Commissaire Impérial, Membre du Conseil privé du Cabinet Oriental, Ministre de la Justice, Général en Chef des Troupes de la Bannière blanche.
IIocA, Commissaire Impérial muni do pleins pouvoirs. Secrétaire d'Etat au Département de l'Intérieur, Général en Chef de l'Armée Sino-Tartare de la Bannière bordée d'azur.
Ho, Commissaire Impérial, Vice-Tuteur de l'héritier présomptif. Secrétaire d'Etat au Département de la Guerre. Gouverneur («énéral des Deux Kianij.
NOTr; DES COMMISSAinKS IMPKRIVUX 33
Min, Commissaire Impérial, fonclionnaire de 3* rang-, chargé des mouvements militaires.
ïouAN, Commissaire Impérial, Fonctionnaire de 5" classe. Membre du Conseil général, Attaché au Ministère de la Justice.
P^intla communication suivante :
On sait cjue nous, grands dignitaires, avons eu l'honneur de recevoir des ordres de TEmpcreur qvii nous prescrivent de venir à Chang-Haï pour v terminer toutes les alTaires pendantes.
Nous avons entendu dire. Noble Plénipotentiaire, cjue vous étiez sur le point de quitter la Chine et il conviendrait que nous nous entendissions pour régler les alTaires importantes qui ne sont pas encore terminées.
Il est écrit dans le traité c^ue lorsque les frais de la guerre, les pertes éprouvées par les marchands et les dépenses pour la guerre de Canton auront été payés entièrement, la ville de Canton sera rendue aux autorités chinoises. Les traités anglais et français ne diffèrent pas sur ce point et ne contiennent pas d'autres termes.
En examinant les choses, nous trouvons f]ue dans le traité de votre noble nation, la somme déterminée doit être payée en six fois et que chaque année un sixième de la somme totale devra être entièrement soldé, soit en argent, soit en lettres de change sur les douanes, les deux manières étant également admises.
La même mesure sera prise par le Gouvernement Anglais et il faut cpie la ville de Canton soit rendue contre le paiement de la somme qui est due.
Nous devons donc débattre cette allaire et prendre une décision c[ui nous mettra à même de répondre à celui cjui nous a envoyés.
Il est donc de notre devoir de vous adresser la présente dépêche pour vous prier de vous entendre à ce sujet avec le Commissaire Impérial Anglais et, après avoir pris une décision, de nous la faire connaître afin cjue toutes les affaires se terminent à la satisfaction générale.
Yeuillez agréer, etc., etc.
8" année de Hien-Foung, lo^ lune, r" jour (6 nov. i858)'.