‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 164 sur 236 · LE BARON GROS AUX COMMISSAIRES IMPERIAUX · texte numérisé non relu

LE BARON GROS AUX COMMISSAIRES IMPERIAUX

i6 septembre 1860.

Le Soussigné, etc., a reçu la dépêche que LL. EE. lui ont fait l'honneur de lui écrire le i3 de ce mois, pour lui dire que tout

3|-< r.UET-VPKNS DE T OUNG-TCHEOU

sorall prônan- à T'oung-tclicou pour l'y rocovoir, afin qno. dans des conférences tenues ensemble, les l^lénipotenliaires français et cliinois s'entendissent sur les articles qui ont été convenus à T'ien-tsin au sujet du rétablissement de la paix, et qu'après avoir sii^né et revt'-tu du sceau la convention dont il s'agit, et que LL. KF>. acceptent dans toutes ses clauses, le Soussigné se rendrait à l'e-Kini,' avec sa suite et l'escorte convenable à son rang, niais LL. EE. demandent avec instance au Soussigné que les troupes françaises, dont une partie est déjà arrivée à Ho-si-wou, ne remontent pas plus au nord et campent dans les environs de ce village, où les autorités chinoises leur enverront ce dont elles pourraient avoir besoin. LL. EE. allèguent à ce sujet que, les troupes du Nord ne dépendant que des Autorités militaires, les Coimnissaires n'ont aucune action sur elles, et que si un conilit avait lieu, il pourrait nuire au désir qu'ils éprouvent de conclure la paix.

Enfin LL. EE. demandent que le Soussigné, en se rendant à T'oung-tcbeou et à Pe-King ne se fasse accompagner que par une faible e.scorte et sans armes ; elles ollrent aussi au Soussigné les moyens de faciliter son voyage et terminent leur dépèche en exprimant le vœu qu'elles font de voir la paix se rétablir et ne doutent pas que les sentiments du Soussigné ne soient identiques à ceux qui les animent à ce sujet.

LL. EE. rendent pleine justice au Soussiijné, en ne doutant pas du vif désir qu'il éprouve de voir la paix se rétablir promptement, mais il ne peut vouloir qu'une paix qui donne une entière satisfaction aux demandes de la France, une paix garantie par des actes, car l'expérience a démontré combien peu le gouvernement chinois est fidèle à sa parole.

Par esprit de conciliation et à la prière de LL. EE., le Soussigné consent à ce que lavant-garde de larmée française, arrivée déjà à Ho-si-wou, n'entre pas dans T'oung-tcbeou, et qu'elle campe à 5 ou (5 milles en avant de cette ville. Quant au Soussigné, il se rendra à ï'oung-tcheou avec l'escorte convenable à son rang. Les Commandants en Chef accompagneront le Soussigné avec un millier d'hommes d'élite.

Cette dé|)èche sera remise à LL. EE. par le premier secrétaire de l'Ambassade de France, le C'*^ de Bastard, accompagné par deux interprètes, il donnera à LL. EE. toutes les explications nécessaires et on pourra prendre les arrangements qui seraient de nature à faciliter le voyage du Soussigné à T'oung-tcbeou et à Pe-Kin-.

LES COMMISSAIRKS IMPKIUAI'X AU RAHON GBOS 3l3

Le Soussigné ospôrc ainsi f|uc la paix sora l)irnlôl rélal)lio, et que lien ne sera lait maintenant par les autorités cliinoises pour tromper cet espoir.

Je saisis, etc.

En conséquence, le premier secrétaire de l'ambassade, le comte Léon de Bastard, porteur de cette lettre du baron Gros et accompagné de M. de Méritens, interprète, se rendit le 17 auprès des Commissaires impériaux à T'oung-tcheou : ceux-ci répondirent à la communication de notre ambassadeur par une dépêche acceptant toutes nos conditions.

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