PRISE DU YOUEN-MINC.-YOUEN
« Nous l'iioiis convenus, lo Généinl (iianl cl moi, de nous l'cndic à Yucn-ming-yuen, 'maison d'été (|uo l'Empereur occupe presque toujours à quatre lieues nord de l'ekin.
ce Le pays est tellement coupé de roules, de bois, etc., que le général Graut s'est perdu avec son armée, et que je suis arrivé tout seul, le soir, devant ce palais gardé par des Tarlarcs.
« Malgré une longue et assez pénible marche, j'ai (ait occuper le palais à sept heures du soir, et en y entrant de vive force, j'ai eu quelques hommes de blessés, dont deux de nos oiïiciers. M. de Piua, mon oflicicr d'ordonnance, a reçu deux blessures : un coup de sabre dans le poignet, qui a pénétré proTondément et un coup de flèche dans la main gauche. Le second ollicier l'a élé par une balle.
« Les ïartares ont évacué le palais confié à leur garde, et ont dû perdre quelques hommes, dont un petit mandarin tué dans la cour même.
sliould ultimately mardi to ihe Summer Palace, but I expected ihal in llie lirst instance the Fronch would follow us. Lord Elgin and I look up our (|uarters in a handsonie old temple dedicaled to Gonfucius. As soon as il became dark, I ordered large lires to be lighled lo indicate to llie Frencb and lo oiir cavalry ihe position of our camp, in Ihe evenl ol tlieir having lost their way ; and llie following morning, tlie ^Ih Oclobcr, I caused a salule of 2 i guns lo be fired from sonie risiog ground oulside ihe ramparl wilb lliis same object. Even Ibis was of no avait, and so I sent a squadron of Ihe Iving's Dragoon Guards lo find oui Ibe exact position of ihe Summer Palace, and lo ascerlain if ihe Frencb and our cavalry were Ihere. \\ olseley, Depuly assistant quarler master-general, wenl wilb Ibis party, and al g a. m. relurned wilb Ihe information Ibat be bad found Ibem al Yuan min-yuanlhe Cbinese name of Ibe Palace. Tbe Frencb during Iheir marcb bad misscd our Irack, and bad Iberefore proceeded lo ibe Palace. After breakfasl Lord Elgin and I rode over lo see gênerai de Montauban. In Ibe dislance we al lasl perceived ibe Palace beaulifully silualed amidsl gardons and woods, and a range of large suburbs in front. We passed Ibo park walls by a fine old slalely gateway, and proceeding up an avenue came lo a range of bandsome dwellings roofed over wilb yellow liles, lurned up al Ibe ends, Cbinese fasbion. In dilferenl parts of Ibe grounds, were ^o separale small palaces, in beauliful situations. Tbe park was carefully kept — Ihe footpalbs and roads clcan and in excellent order, and ibore were various prelly pièces of ornamental water. Wc^found ibat Ibe Frencb bad encamped near ibe enlrance of Ibe Greal Audience Hall, and il was piliful lo see liie way m which everylbing was being robbed » (^IncidenlH in ihe China Jl ai , pp. 126-8.)
GoKDiEK. — Expcd. de Chine, 1860. 23
85^ PRISE DU YOIKN-MING-YOLEN
(c Bref, j'ai (ait occuper le palais, cl le lendemain je m'y suis rendu. Rien dans noire Europe ne peut donner l'idée d'un luxe pareil, dont il m'est impossible de vous décrire les splendeurs dans ces quelques lignes et surtout sous l'impression de l'éblouissement que m'a causé la vue de tant de merveilles. J'aurai l'honneur de vous écrire longuement par le courrier français, pour tâcher de vous en donner une description complète.
« J'ai fait garder par des postes assez forts les diverses issues du palais, afin que rien ne fût dérangé avant l'arrivée de nos Alliés, que j'ai fait prévenir ensuite. Quelques heures après, ils étaient auprès de moi, et comme une partie de leur cavalerie s'était égarée la veille et était venue chercher protection dans ma colonne, j'avais fait désigner deux ofîiciers anglais et deux olTiciers français pour que rien ne fût touché et (jue tout fût surveillé conjointement. Le général Grant et Lord Elgin étant arrivés, nous avons nommé trois commissaires de chaque nation pour procéder au partage des objets les plus précieux à attribuer à chaque armée.
« Dans ce partage j'ai recommandé à nos trois commissaires de s'attacher de préférence aux objets avant le plus de valeur au point de vue de l'art et de l'antiquité, et j'espère envover à Votre Excellence, pour Sa Majesté cl pour les musées d'art et d'artillerie, des objets assez rares en France.
« Je ne puis vous dire quels sont les papiers cjue j'ai fait réunir dans le Palais de l'Empereur ; je ne puis les confier c[u'à M. de Pina, mon officier d'ordonnance, qui vous les portera pour les remettre à Sa Majesté '. »
1. Lcllre iki 8 octobre iSfio. — Comte d'Hérisson, Exp., pp. i<)5-7.
M. le comte d'Hérisson raconte, pp. 11-12 de son Journal d'un Officier d'ordonnance juillet i8~o-f'é^'rier 1871, la curieuse histoire suivante :
« Les soldats se répandirent un peu partout, et un serfrenl de la ligne apporta bientôt au général de Montauhan des papiers qu'il avait [iris dans rapparlemenl privé de l'Empereur. C'élaicnl nos fameux traités de T'ientsin. Le général me Gt appeler, et, par curiosité, fidèle d'ailleurs à ses habitudes d'extrême ponctualité, il prit l'exemplaire français, me donnant à traduire l'exemplaire anglais. Mous collationnàmes, comme on dit en stvle de basoche. Bientôt il m'arrêta dans ma lecture :
« — D'Hérisson, il n'y a pas cela.
« — Si fait, mon général.
« — Vous êtes sûr ?
(f — Très sur.