PRISE DU YOUEN-MING-YOUEN
Le \oiien-Ming-'\ouen dont l'empereur Hien-l''oiing venait de s'enfuir pour se réfugier à Djehol était un véritable musée dans lequel les empereurs mandchous avaient entassé des objets d'art d'un prix inestimable. Monseigneur Favier écrit ' :
« Nous lisons dans le Jesia: « K'ang Ili habitait le palais d'été nommé Tch'ang tcKoun j«en (jardin du printemps perpétuel), il y reçut les ambassadeurs, les légats et les différents envoyés des royaumes étrangers. A 5oo mètres plus au Nord était un autre palais appelé Yaen-ming-juen; ce nom lui avait été donné par K'aïKj Hi et signifiait « jardin de la prudence et de la clarté ». La /i8*' année de son règne, K'ang IJifit cadeau de cette habitation à son quatrième fils Young Tcheng qui devait lui succéder ; on y voyait comme
« — C'est étrange. Continuez.
« Bref, le traité anglais ne ressemblait pas au traité français ; il n'en était pas la traduction littérale.
« Les Anglais avaient stipulé pour eux seuls loulcs sortes d'avantages particuliers, déclarant que nous étions des mercenaires à leur solde et qu'ils s'arrangeraient toujours avec nous.
<.( Ces deux curieux papiers doivent se trouver quelque part dans des archives publiques ou privées. En tout cas, je les ai tenus dans mes mains. Je l'affirme, et je passe outre sans plus amples commentaires. «
Il y a de l'enfantillage et de l'ignorance dans ce récit. Tous ceux qui connaissent l'histoire des relations étrangères de la Chine — il n'est pas question de M. d'Hérisson — sa\ent qu'il y a des différences de rédaction entre les textes anglais et français des traités de ï'ientsin, par exemple dans la clause (art. 3) de la résidence du ministre anglais dans la capitale *. M. d'Hérisson aurait été sans doute fort surpris d'apprendre que l'ouverture de Nan-King au commerce étranger était sti[)ulée dans le traité français (art. 6) et que ce port n'est pas mentionné dans l'art. 1 1 du traité anglais.
Il ne faut pas oublier non |)lus que par la clause de la « nation la plus favorisée », tout avantage obtenu par l'Angleterre ou par toute autre puissance nous était également accordé. Enfin, il faut penser que le général Montauban aurait fait part de ses doutes à notre ambassadeur, or il n'est nulle part fait mention de l'incident dans la correspondance du baron Gros.