‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 206 sur 236 · LES VICTIMES DU GUET-APENS DE T OUNG-TCIIEOU · texte numérisé non relu

LES VICTIMES DU GUET-APENS DE T OUNG-TCIIEOU

Le vendredi, 12 octobre, quatre Sikhs arrivaient au camp ; ils avaient été pris avec le lieutenant Anderson, de la cavalerie de Fane, et De Normann, attaché de M. Bruce; le premier, pris du délire, était mort dans d'atroces soulTrances le neuvième jour de son emprisonnement ; le second avait succombé trois jours après; plus tard, quatre autres Sikhs, capturés avecPhipps et des olliciers français, arrivèrent à leur tour; puis vinrent trois soldats français qui étaient restés seuls.

Le dimanche \[\, dans l'après-midi, deux Sikhs rentrèrent au camp ; ils avaient été prisonniers avec Bowlby ; l'infortuné correspondant du Times, déjà Agé, était mort le cinquième jour de sa capture. Puis ce fut, le soir, le défilé des cercueils renfermant les restes de De Normann, d'Anderson et de deux Sikhs ; la chaux que les Chinois avaient pris la précaution de mettre près des corps n'empêchait pas de voir à quelles tortures les malhem^euses victimes avaient été soumises.

Le 16, arrivèrent les corps de Bowlby et Phipps et des autres Sikhs; jusqu'au 18, ce fut le lugubre défilé des cercueils contenant les corps martyrisés des nos compatriotes, le colonel d'artillerie Foullon Grandchamps ', l'officier d'ad-

I. Charles F(<ullon-Grandchamps, né à Caen (Calvados), 11 novembre

38/i DESTULCTION DU PVLAtS d'ÉTi':

niinlslratlon Ader', le sous-intcndanl Dubul", et leurs ordonnances, Bonicho, Ozouf et lilanquet. Il fallait ajouter à cette liste funèbre les noms de l'abbé Deluc et du capitaine Brabazon, décapités près de Pa-li-k'iao'.

Sur vingt-six prisonniers anglais, treize étaient morts et treize étaient rendus ; sur treize Français, sept étaient morts, six étaient revenus.

Un cri d'horreur se fit entendre dans les camps alliés : l'aspect des cadavres restitués, l'état des prisonniers survivants témoignaient de la plus l)rutale manière à quels abominables traitements avaient été soumises les victimes du guet-apensde Toung-tcheou ; on comprenait les délais apportés par le prince Koung à la remise à leurs compatriotes des martyrs de Pe-King et du Youen-Ming-^ouen. Les atrocités chinoises ne pouvaient rester impunies; aucun doute n'était permis à cet égard ; quel était l'instigateur p le principal coupable de ces crimes : il fallait remonter jusqu'à la personne de l'Empereur : mais llien-Foung avait fui à Djehol ; le bourreau avait mis prudemment une barrière entre lui et les justiciers. Les Anglais, et ils avaient raison, voulaient punir personnellement ce grand coupable; le général (îrantct lord Elgin crurent lui porter un coup sensible en détruisant sa résidence d'été du Wan-cheou-chan, à côté de l'enceinte murée du ^ouen-Ming-\ouen ; je ne pense pas que la solution fût bonne ; nous donnions aux Chinois le sentiment que nous étions vraiment des Barbares ; d'autre part, on ne venge pas

1. Jean-Picrre-Prosper Âder, né à Neyrac (Lot-et-Garonne), i6 janvier iSi^.

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