PROCLAMATION
18 octobre 1860.
Le Général de Moxtauban, Commandant en cbef de l'armée
382 DESTRUCTION DU P.\I.\IS d'kTI':
française en Cliinc, adresse la proclainalion suivante aux liabilans de la capitale et des campagnes environnantes.
Le général en chef fait savoir aux populations paisibles de la capitale et des canipai^nes environnantes, qvie plusieurs olliciers appartenant aux armées de la France et de l'Angleterre qui, avec le caractère sacré de parlementaires, (pie les nations civilisées respectent comme inviolable, et du consentement des Commissaires impériaux Tsai cl iMou, avaient été envoyés à T'oung-tcheou, aliii d"v préparer les arrangements que les ambassadeurs avaient à prendre pour conclure la paix dont les clauses avaient été déjà convenues entre eux et les Commissaires impériaux, ont été arrêtés, le i8 septembre dernier, par Sèng-ko-lin-tsin et d'autres chefs, qui ayant voulu aussi attaquer les alliés le même jour ont été mis dans la déroute la plus complète.
Les troupes françaises et anglaises se trouvent aujourd'hui devant Pe-King, leur drapeau ilotte sur les murs de la ville. Elle est en leur pouvoir, et c'est par bienveillance pour les habitants inoffensifs qu'elle renferme, que les Alliés n'ont pas voulu en occuper l'intérieur.
Depuis cette époque, les Ambassadeurs ont appris avec une douloureuse indignation que les personnes ainsi arrêtées contre toutes les lois de rhonneur avaient été traitées avec une barbarie sans exemple dans l'histoire, et que la moitié d'entre ellesavaient succombé dans les tortures.
Un tel acte de perfidie et de cruauté doit être expié par le Gouvernement chinois, responsable du crime commis par ses agents, et il faut (pi'en flétrissant comme elle le mérite la conduite de ceux d'entre eux qui se sont rendus coupables d'un tel forfait, il donne une indemnité convenable aux malheureuses victimes de leur cruauté et à la famille de celles dont ils ont causé la mort.
De nouvelles conditions de paix sont offertes par les Ambassadeurs de France et d'Anglerre au Prince koung. Si elles sont acceptées dans le délai fixé, les autorités et les habitants de la ville seront respectés dans leur personne et dans leurs propriétés, dans le cas, bien entendu où elles ne commettraient aucun acte d'hostilité contre les Alliés; mais si le Gouvernement impérial rejetait ces pro])Ositions, ou s'il les laissait sans réponse, le Commandant en Chef ne serait pas responsable des malheurs que les autorités chinoises auraient attirés sur la ville.
Cette proclamation est adressée aux habitants de Pe-King et des campagnes environnantes par bienveillance pour eux.
LES VICTIMES DV GUET-APENS DE t'oUNG-TCIIEOU 383
Fait au quartier général français, sur les remparts de la ville, à la Porte Nijan-llng, le i8 octobre i8(k).
Comme on le voit, le baron Gros et le général de Montauban refusaient de s'associer à la destruction du Palais d'Eté décidée par les Anglais. Il est nécessaire de retourner un peu en arrière et de revenir sur un des incidenls les plus pénibles de cette campagne.