‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 211 sur 236 · Le Temps, 11 août · texte numérisé non relu

Le Temps, 11 août

2. Tlie IVar with China, pp. 378-279. — J'ai donné sur cet incendie l'opinion de Gordon dans mon Hist. des Relat., I, pp. 231-223.

3q-l DKSTIUT.TION TU l'M.MS D KTl';

marcha de notre camp près de Pe-King au \oucn -Ming- Youen, et mit le feu à tous les palais royaux dispersés dans son voisinage. Pendant toute cette journée et le jour suivant, un nuage lourd de fumée noire et épaisse resta suspendu sur ces lieux qui furent jadis le théâtre de tant de magnificences. Un vent léger, souillant du Nord-Ouest, poussait la masse de la fumée au-dessus de notre camp, jusque dans la capitale elle-même, où malgré la distance de grandes quantités de cendre brûlante étaient transportées et tombaient en ondées dans les rues, témoignage silencieux, mais non trompeur, du travail de destruction et de châtiment qui se poursuivait dans le palais de l'Empereur. Pendant ces deux jours, quand on passait entre notre camp et le ^ouen-AIing-Youen, le jour clait si diminué par les nuages suspendus de fumée, qu'il semblait qu'il y eût une éclipse prolongée du soleil. Le pays tout autour était assombri. «

Douze années plus tard, nous visitions Tœuvre de ruine de lord Elgin ; rien de plus mélancolique que la pagode de bronze surmontant le grand escalier dévasté et les pavillons et les temples environnants dans l'état où les avait laissés le fléau destructeur, et comme contraste à ce paysage de désolation, en bas, le calme du lac, couvert de fleurs de lotus, avec son grand pont de marbre.

Le ig octobre, lord Elgin s'était justifié, ou si Ton aime mieux, avait expliqué sa conduite à son collègue dans la lettre suivante :

LORD ELGIX Al BVROJi GROS

Camp devant Pe-King, le ig octobre 1860. Monsieur le Barox, Jai l'honneur d'adresser ci-joint à Votre Excellence et pour

Page 1