‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 41 sur 236 · AU KIANG-NAN · texte numérisé non relu

AU KIANG-NAN

Malgré le succès de la défense de rembouchvire du Peï-ho en jviin, les Chinois ne paraissaient pas s'être fait beaucoup d'illusion svir leur triomphe définitif sur les Européens et ils préparaient les voies à un accommodement :

u II y a quelques jours', le P. Lemaitre -, supérieur de la Mission des Pères Jésuites et Mgr. Mouly '\ sont venus chez moi, chargés, m'ont-ils dit, d'une mission toute confidentielle de la part des autorités chinoises. Lan % ancien Tao-t'aï de Chang- Haï et occupant actuellement une position importante auprès du vice-roi des deux Kiang, était arrivé ici comme délégué de Ho '' et chargé par lui de sonder les dispositions des Ministres de France et d'Angleterre, atui de préparer les voies à un accommodement.

1. Lettre de M. de Bourboulon au ministre des AfTaires étrangères, Chang-Haï, 3o juillet 1809.

2. Matliuviii I^emaître, né à Saint Charles (Mayenne), i"'' janvier 1816; ■j- à Chang-iiaï, 3 mai i863.

3. Josepli-MartiaL Mouly, né à Figeac, le 2 août i8o7;évêque de Fussulan, vie. ap. du Pe Tche-li sept. ; 7 à PcRing, 4 déc. i808 ; lazariste.

'4. Lan \\'ei-wen, du Tche Kiang, lao-t'ai depuis le 21 nov. i855 ; remplacé le i"^' sept. 1867 ?*•" Sié-Houan, du Se-tch'ouan.

5. Ho Kouei-ts'Ing, gouverneur général des Deux Kiang depuis le i'^'' mai 1857 en remplacement de Yang Wen-ting; décapité à Pe-King en juillet 18G2.

f)'j m:goc,iatio>s chinoises

Lan avait Cn conséquence prié lé supérieur des Pères Jésuites, avec lequel il était depuis longtemps en relations, de me demander d'abord confidentiellement si je recevrais une dépêche que le Vice-Roi était dans l'intention do m'adrosscr et s'il pouvait compter sur une réponse. Cette ouverture avant été accompagnée par nos Missionnaires de quelques observations sur l'importance qu'il y aurait, surtout dans l'intérêt de la sécurité des Chrétiens indigènes, à accueillir favorablement les avances des Autorités chinoises, je leur répondis qu'il s'agissait d'une affaire trop délicate pour que je pusse prendre aucune sorte d'engagement à ce sujet, que cependant si le A ice-Roi des deux Kiang jugeait à propos de m'adresser une lettre, je n'avais pas d'objection à la recevoir et v répondrais d'une manière courtoise, ne fût-ce que par un accusé de réception ; mais que je ne ni engageais à rien au delà. Le P. Lemaître se retira satisfait de ma réponse, et le même jour dans l'après-midi, je reçus la lettre officielle de Ho, dont

j'ai l'honneur de transmettre ci-joint une traduction à A . E

Mon premier soin après que j eus pris connaissance de cette dépêche fut de me rendre chez mon collègue d'Angleterre pour la lui communic|uer et m'entendre avec lui sur la réponse que je devais y faire. D'après la détermination que nous avions prise, comme je l'ai fait connaître précédemment à ^ . E. de garder vis-à-vis du Gouvernement chinois une complète réserve sur ce qui s'est passé et d'attendre les instructions de nos gouAcmements sans rien faire qui put préjuger leur décision et engager l'avenir dans un sens ou dans un autre, nous n'eûmes pas de peine à tomber d'accord que, dans ma réponse au ^ ice-Roi (qui d'ailleurs n'avait pas qualité pour traiter une semblable affaire et en elfet ne parlait pas au nom de son gouvernement), je devais décliner toute explication sur les événements du mois dernier, de manière à laisser la situation entièrement intacte, et à ne fournir au gouvernement chinois, évidemment fort inquiet à l'heure qu'il est, aucune donnée (pii pût l'éclairer sur nos intentions ou celles de nos gouvernements. C'est dans cet esprit, ^1. le Comte, que j'ai adressé au ^ ice-Roi Ho. la réponse dont vous trouverez ci-joint copie...

La démarche faite auprès de moi par le Gouverneur général des deux Kiang, déinarche qui, d'après ce que m'a laissé entrevoir le P. Lemaitre, sera probablement bientôt suivie dune lettre semblable adressée à Mr. Bruce, ne me paraît laisser aucun doute sur les dispositions où l'on est actuellement à Pe-King et sur le but qu'on s'y propose d'atteindre...

COMMUNICA■n()^ DK no A M. DK liOUKIÎOULON r)5

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