COMMUNICATION DE HO A M. DE B0UR13OULON
IIo, Haut Commissaire Impérial de la dynastie Ta Ts'ing cl Vice-Roi des Deux Kiang, etc., etc., adresse la présente dépèche (à Mr. de Bourbould'h).
Dans la 4'' lune de l'année coui-antc (mai), V. E. à son arrivée d'Europe, m'a fait l'honneur de m'écrire officiellement et dès lors commencèrent nos relations amicales.
Après son arrivée subséquente à Chang-Haï, V. E. étant partie immédiatement pour ï'ien-tsin, les Commissaires Impériaux Kouei-liang et ses collègues partirent aussi par terre ; j'espérais alors qu'après l'échange du Traité, le nouveau règlement pourrait être dans peu de jours mis à exécution ; mais contrairement à toute prévision l'afTaire eut une tout autre issue * qu'on ne s'y attendait, et V. E. ainsi que le Haut-Commissaire de S. M. Britannique, Mr. Bruce, durent retourner, l'un après l'autre, au Sud.
Mais maintenant, je suis informé que le Commissaire Améri cain a eu une entrevue avec le Gouverneur Général du Tche-li, à Pe-t'ang de T'ieii-tsin, et qu'à la suite de cette entrevue il y a eu entre les deux la meilleure intelligence, — l'échange du Traité devant s'effectuer, coniine il avait été convenu, - — lorsque le Commissaire Impérial Kouei-Liang et ses collègues arriveraient à Pe-King, S. E. le Haut Commissaire de S. M. Britannique, Mr. Bruce, ne sachant pas que S. E. Heng, Vice-Roi du Tche-li, était à l'attendre à Pe-t'ang, c'est pourquoi il Ht l'erreur de vouloir entrer à Ta-Kou où a eu lieu le désastreux événement, mais qui en réalité n'a pas été avec préméditation.
Comme je pense qu'à cette heure le Commissaire Impérial Kouei-Liang et ses collègues doivent être arrivés à Pe-King, il me paraît que V. E. pourrait sans .perte de temps, se diriger vers l'entrée de T'ien-tsin et effectuer l'échano-e du Traité, alin que le délai ne soit pas dépassé.
Quant à S. E. le Commissaire de S. M. Britannique, Mr. Bruce, comme jusqu'à présent aucune communication officieUe n'a été échangée entre moi et S. E., je ne trouve pas à
I . L'expression employée dans le texte chinois correspond exactement k celle de « turncd ont », en anglais.
f)6 NÉGOCIATIONS CHINOISES
propos de lui écrire à celte occasion ; je prie donc \ . E. de vouloir bien m'excuser de la meillpure manière auprès de S. E. et de lui ])ersuader de voir s'il pourra partir conjointement avec vous pour le Nord, alln de pouvoir dissiper tous les malentendus antérieurs, et aussi pour que les Commissaires Impériaux Koueiliang cl ses collègues, qui doivent cire déjà rendus à Pe-t'ang. puissent recevoir dûment V. E. comme ils l'avaient promis. De celle manière la paix el l'amitié régneront poiir toujours, et les avantages seront réciproques tant pour la Chine (|ue pour les étrangers.
Je connais assez bien, depuis longtemps, que \ . E. et S. E. le Commissaire de S. M. Britannique sont doués de droiture el de bon jugement, et je pense qu'eux aussi avant entendu parler de ma bonne foi et de ma sincérité, ils donneront poids à mes paroles.
En conséc[iience j'adresse à^ . E. la présente dépêche, espérant qu'elle voudra bien la prendre en considération et me favoriser de sa réponse.
Le 19 de la 6'' lune de la f)'^ année du règne (le 18 juillet 1809).