I. Lettre dn Bourboulon au Afinistre. Nfacao, a5 avril i85o
12 LKS CONSEQUENCES DES TRAITES DE T lEN-TSIN
« Après rechange des ratificalioiis. le traite- devra être publié dans tout l'Empire et nous aurons à obtenir du Gouvernement chinois un Kilit impérial, qui, en vertu du nouveau pacte, déclarera nulles et non avenues toutes les lois de proscription émanées du (jouverncment Impérial contre le Christianisme. 11 faudrait demander que, dans le nouveau code qui se publie à intervalles très rapprochés, chaque deux années, je crois, les lois |)énales prononcées contre le Christianisme fussent abolies. — Comment l'article i3 de notre traité pourrait-il être njis à exécution sans cela? Car les magistrats des provinces si hostiles déjà aux Chrétiens, ne seraient-ils pas portés à faire exécuter la loi du pays, le code pénal, de préférence à l'un des articles d'un traité fait avec les nations étrangères et qui blesse leurs préjugés. »
« La punition du meurtrier du missionnaire Chapdelaine devra suivre immédiatement l'échange des ratifications et la Gazelle oD'icieîle de Pel.iiuj devra faire connaître dans tout l'Empire la punition du coupable et la cause pour laquelle elle lui a été Infligée. »
Le baron Cros ajoute :
« C'est à l'exécution fidèle de ces clauses que j'aurais employé tous mes efforts si, comme j'ai pu le croire un moment, j'étais allé à Pe-King mettre la dernière main à l'œuvre commencée à Canton. »
Au sujet de Tarticle second des articles sépares et secrets, M. de Bourboulon écrit :
Pour comprendre à ([uel point une telle stipulation est au fond inadmissible et en quelque sorte inexécutable pour le Gouvernement chinois, si ce n'est sous la contrainte d'une coercition actuelle et Imminente, il faut bien se rendre compte de tout ce qu'elle implique de contraire, de dérogatoire à ces mêmes idées dont j'ai parlé tout à l'heure, à ce principe — on peut dire, à ce dogme de la suzeraineté universelle de l'Empereur de la Chine qui est comme le palladium du prestigieux pouvoir que ce Gouvernement exerce encore aujourd'hui sur /joo millions d'habitants, et qui est demeuré, en dépit de bien des démentis, de bien des atteintes reçues au contact de la réalité et des événements —
ItEPlUSE DES NEGOCIATIONS
la base immuable de ses rapports subis, bien plulol que consentis, avec les nations étrangères. »
LE SAINT-SIEGE ET LES MISSIOiNNAlRES
Le Saint-Siège ne perdit pas de temps pour profiter des avantages que le nouveau traité conférait aux missionnaires, ainsi qu'en témoigne la dépêche suivante (20 nov. i858) de notre ministre des Affaires étrangères au baron Gros :
Le Saint-Siège a pensé que la conclusion des traités de T'ientsln, en assurant de nouveaux et importants privilèges au Christianisme en Chine, lui faisait un devoir de porter son attention sur l'organisation des missions catholiques dans ce pays. Il m'a fait exprimer, en conséquence, le désir de connaître notre opinion sur l'opportunité d'un envoi supplémentaire de missionnaires et sur les localités qui devraient être choisies de préférence comme centres démission. Je vous prie de vouloir bien examiner cette question et me transmettre votre avis ainsi que les renseignements qui pourraient éclairer le Saint-Siège sur les mesures les plus utiles à prendre pour répondre au but qu'il se propose.