I. Relut, de l'expédition de Chine en 1860, p
l'l2 LES CORPS KXPKDITIONNAIRES
8 déc. : le Jura, l'Entrcprcnanlc, la .\icvre, la Loire, le Rhin, la Garonne ; 9 déc. : F Isère ; quelques troupes qui n'avaiont |)n prendre place sur ces transports furent enntbarquécs sur la Heine des Cllppers, acheté au commerce, et sur le Duperré, ancien vaisseau à voiles devant servir d'hôpital dans les mers de Chine, qui appareillèrent le i'^'' et le 11 janvier 1860 ; rinfanlerie de marine fut rassemblée à Lorient, à Cherbourg et à Brest et embarquée sur les frégates à voiles r.Ui^lronta(jue, la Vengeance, la Forle e[ la Persévérante.
DEPART DU GEMiRAL MOTALRAN
Le 12 janvier 1860, le général Monlauban et son étatmajor, s'embarquaient à Marseille sur la Panther, de la Compagnie péninsulaire, et se rendaient à Alexandrie ; à Suez, la Némésis prit le général français et le conduisit à Hong-kong où il débarqua le 26 février ; le jour même de son arrivée, il recevait la visite du contre-amiral Page, commandant la division navale des mers de Chine, et se mit en relation avec l'amiral Ilope. De Hong-Kong, le général Montauban partait sur le Forbin le 5 mars pour Chang-Haï, où il arrivait le 12.
ORGAMSAïlON DES FORCES NAVALES
On a vu que le général Montauban prenait le commandement en chef des forces de terre et de mer ; ces dernières avaient à leur tête le contre-amiral Page ', alors en Cochinchine, qui quitta Saigon sur le Forbin le 3i janvier 1860. Cependant Texenq^le des Anglais dont les deux commande-
1. Ses instructions sont du 10 et du aC nov. iSôg. — Théogène- François l'age, né 01 mars 1807; 7 à Auteuil, 2 fév. 1867.
ORGANISATION DKS KOac.ES NAVALES 1^3
ments étaient distincts, le caractère maritime des premières opérations décidèrent le gouvernement impérial à dédoubler le çonmiandement en chef et le [\ février 1860, un décret plaçait le vice-amiral Ciiarner \ à la tête des forces navales dans les mers de Chine.
« L'amiral Charner était charité de la conduite et de la dircc-
lion des bâtiments qui allaient se trouver réunis dans les mers de Chine, et lui seul en était responsable. II était seul charité de la direction des alfaires dans ces parages, et il lui appartenait de poursuivre le règlement de l'alTaire de Cochincliine, comme de donner des instructions au commandant du corps d)'occupation de Canton. Il était investi de pouvoirs complets >is-à-vis du gouvernement annamite. Il devait pourvoir aux besoins de l'expédition en bâtiments légers, et il avait qualité pour acheter ou louer ceux qu'il se procurerait sur les lieux. Ce droit est considérable, parce qu'il entraîne l'augmentation de nos forces navales. » (Dépèche de l'amiral Hamelin, 24 février 18G0.)
« Le général Montauban conservait la direction générale des opérations de la guerre, mais son commandement cessait de s'étendre sur les forces de mer. Le vice-amiral Charner ne pourrait donc recevoir que des demandes ou des réquisitions et non des ordres, ainsi qu'en avait reçu le contreamiral Page : aucune demande, aucune réquisition ne l'exonérerait d'aune responsabilité qui, sous le rapport nautique, restait entière.
« Si l'amiral ne pouvait seconder les intentions du général commandant en chef le corps expéditionnaire, il serait naturellement amené à lui expliquer les motifs de son refus par écrit, et c'est ainsi que, de son côté, la responsabilité du général serait couverte.
« Le commandant en chef des forces navales pouvait se trouver séparé du commandant en chef des forces de terre par diverses causes, telles que l'impossibilité pour les grands
I. Léonard-Victor-Joseph Gtiarner, né à Saint-Brieuc, le i3 février 1797; 7 à Paris, 8 fév. iStiy.
l/|'j LES COnPS EXPKDITIONWrHES
navires de reiiiuiiter les cours dVau intérieurs, Tétai de la mer, ou telle circonstance qui rendrait sa présence utile sur un point quelconque de la côte. Dans ce cas, la flottille de bâtiments légers qui accompagnerait Tarmée de terre devrait recevoir directement et exécuter les ordres du commandant en chef de l'expédition, et demeurer à sa disposition pour le seconder dans ses entreprises, sans que le commandant de la flottille fût dégagé, bien entendu, des relations qu'il devrait conserver aussi longtemps que possible avec le commandant en chef des forces navales. » (Dépêche du ministre de la guerre, février 18G0.)
« S'il arrivait que, pour une cause quelconque, le général Montauban dût remettre son commandement, le général de brigade Jamin le remplacerait de droit dans la plénitude des pouvoirs ainsi définis*. »
L'amiral Charner dont le pavillon devait flotter sur la frégate V Impératrice Eugénie prit pour chef d'état-major général, le ca[)itainc de vaisseau Laflbn de Ladébat, pour son aide de camp, le capitaine de frégate Le Couriault du Quilio, et pour son oflicier d'ordonnance, le lieutenant de vaisseau Jaurès.
Il avait sous ses ordres les contre-amiraux Page qui avait remplacé en Cochinchine l'amiral Rigault de Genouilly, et l'amiral Protêt - qui partit de Toulon le 1 1 janvier.
Le capitaine de vaisseau Cdupvent-Desbois devait prendre le commandement supérieur de Canton.
L'amiral Charner partait de Marseille le 29 février 1860 par la voie de Suez et il arrivait à Hong-Kong le 12 avril et à Wou-soung le 18 avril.