‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 68 sur 236 · ULTIMATUM DE LA FRANCE ET DE L'ANGLETERRE, 8 MARS · texte numérisé non relu

ULTIMATUM DE LA FRANCE ET DE L'ANGLETERRE, 8 MARS

Des le commencement de février 1860, M. de Bourboulon et M. Bruce' s'étaient entendus pour demander aux Amiraux de placer un vaisseau de chaque nation à leur disposition pour porter à l'embouchure du Pei-ho, les lettres marquant, en conformité avec leurs instructions, les termes de l'ultimatum dont l'envoi était retardé pour permettre à l'amiral Page d'arriver de Cochinchine en Chine ; notre ministre était d'accord avec l'amiral anglais pour une action énergique.

LETTRE DE M. DE liOURBOULON AU COMTE WALEM'SRI

Chang-hai, 17 février 1860.

M. Bruce m'a paru très satisfait de ce que je lui ai communiqué. Je lui ai annoncé en même temps que j'étais prêt à m'entendrc avec lui pour adresser au Gouvernement chinois l'ultimatum que nous devions notifier de concert, seulement que j'étais obligé d'attendre pour faire cette démarche que je fusse assuré du concours de M. l'amiral Page, dont je n'avais pas reçu de

I. Curvcspoiidence vespecliii!^ Aff'airs in China, iSSg-Go, p. 37.

I 1^8 ULTIMATIM iJi; I.A h UANCK ET DE l'aNGLETERKE

nouvelles depuis son départ pour la Cochinchinc, — et auquel, du reste, je venais d'écrire, en lui faisant connaître de mon côté les instructions que j'avais reçues, et en l'engageant à venir me rejoindre le plus tôt possible avec toutes les forces dont il peut disposer. M. Bruce admit parfaitement cette nécessité pour moi, et ne me lit aucune objection sur le relard que l'arrivée de notre Amiral, dont les forces avaient à remonter de Cochincliine contre la mousson pourrait apporter à la notiiication qu'aux termes de ses instructions, il était cliargé de faire sans délai. — Il me parla alors d'une lettre qu'il venait de recevoir de l'amiral Ilope, en réponse à une lettre particulière qu'il lui avait écrite aussitôt après la réception des instructions de Lord John Russell pour lui faire connaître la position des choses, et il me donna lecture de cette lettre, ou du moins de la plus grande partie. L'Amiral Ilope n'espérait pas grand effet des mesures coercitives indiquées par le cabinet de Londres dans l'éventualité où les demandes du Ministre de S. M. Britannique n'auraient pas été accordées dans le délai fixé : l'interception des jonques chargées de grains pour la Capitale sur la route qu'elles suivent le long de la côte, ou par le blocus mis devant l'embouchure du Pei-ho, lui paraissait un moven trop lent et trop indirect pour pouvoir produire une inqn'ession efficace sur la Cour de Pe-King. 11 en était de même dans son opinion de l'occupation de l'une des îles Mia-taou, îles désertes, sans production, dont la possession ne pouvait être d'aucune valeur, — • tandis qu'il y avait non loin de là sur la côte une grande ville, où résidaient des mandarins, avant un bon port déjà fréquenté par les navires européens (Tche-fou) dont l'occupation inuuédiate permettrait de se rendi'e maître des ressources du pavs d'alentour, ressources abondantes puisque c'était un point commercial important, — et qui pourrait fournir une bonne base d'opérations dans le cas où les hostilités devraient être poussées plus loin. Enfin, dans le cas où l'ultimatum serait rejeté, les demi-mesures ne devant pas être d'une grande elficacité sur l'esprit du Gouvernement chinois, l'Amiral pensait qu'il serait bon d'en abréger la durée autant que possible, et pour cela de ne pas trop presser l'envoi de l'ultimatum, de manière à ce que le délai qui y sera fixé, n'expirât pas longtemps avant le i""" mai, époque avant laquelle il n'était guère à présumer que le gros des forces expéditionnaires, des nôtres particulièrement, pourrait être réuni ici. L'Amiral Hope informait au surplus M. Bruce dans cette lettre qu'il avait écrit ollicicllement dans ce sens à l'Amirauté, et il lui disait aussi que ses

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