SECOND RAPPORT
Un Rong-kouan - est déjà préparé à ï'ien-tsin et destiné aux barbares qui se rendront do Pe-t'ang à Pe-King: dans notre opinion il ne devrait pas être permis aux barbai'os qui se rendront de Pe-t'ang à la capitale de passer par T'ien-tsin, tout est à redouter de ces barbares sans foi ni loi ; une fois arrivés à T'ientsin, ils s'y attarderont pour examiner notre armée et les positions qu'elle occupe ou bien, sous le prétexte d'une promonade, ils enverront à Ta-Kou examiner nos moyens de défense, ce que nous ne pouvons pas permettre, et ce que nous ne pourrons pas alors empêcber : et Ta-Rou seul est formidablement défendu, T'ien-tsin et les environs ne le sont pas. Les sentiments des barbares sont du reste ffiux et perfides au point c[ue s'ils se l'cndaient dans la capitale, ils ne se soumettraient certainement pas à nos avis et voudraient emmener avec eux une suite nombreuse ; il devient donc indispensable d'envoyer des soldats dans les endroits importants pour les contenir et les repousser. Si l'Empereur leur permettait de venir à la capitale et de s'y rendre par la route de T'ien-tsin, il faudrait garnir la route de troupes formidables comme s'ils venaient en ennemis, sous le prétexte cjue cette réception est dans le but de se conformer aux rites et de leur donner une idée de la grandeur de l'Empire ; et s'ils ne mettaient
I. L'Interprète Int""^' de la Légation, E. de Mkrttens. a, Salle de corporation ou de compagnie ; hôtel do ville.
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pas à exi'cution leurs projets perlldcs, on pourrait les recevoir et s'entendre avec eux. En un mot. avec des ijens qui ont les sentiments du scorpion et du chacal, il est inutile d'user de ménagements. Telles sont les considérations que nous osons soumettre au jugement du Saint Empereur'.
Le 25 décembre 18Ô9, l'Empereur Ilicn-Foiing avait pul)li('' l'édit suivant :
ÉDIT IMPÉRIAL
Le deux de la 12'' lune de la 9" année de Hien-Foung, le i\ei- 1,0- a reçu la communication impériale suivante : Les fortifications élevées pour défendre les abords de T'ien-tsin et de la Capitale, n'avaient pas été ordonnées seulement en vue des attaques des Royaumes étrangers. L'envoyé anglais Bruce désii-ant aidemment prendre la route de T'ien-tsin pour se rendre à la Capitale fut averti qu'il devait changer d'itinéraire et passer par Pe-t'ang, mais il ne voulut pas même recevoir cet avertissement ; les autorités locales lui cnvovèrent des présents qu'il ne voulut pas recevoir, n'était-ce pas une grande inconvenance? Il tenta de détruire nos travaux de bari-age, d'arracher nos piquets et nos chaines de fer, et pour v parvenir il engagea la lutte avec nous, n'est-ce pas là imc conduite insensée? Ce n'est assurément pas la Chine qui a voulu la guerre, et si l'Envoyé anglais eût été à notre place, il eut à coup sûr agi de même. Comment est-il possible de permettre à des navires de guerre d'entrer dans tous nos ports ou d'en sortir à leur guise. Quant aux Français, ils ont envoyé un seul navire de guerre à T'ien-tsin. ils n'avaient certainement pas de mauvaises intentions, el ils ne venaient pas pour aider les Anglais dans l'accomplissement de leurs projets perfides, c'est du reste tout ce que le monde sait.
( hi'on respecte ceci !
L'amiral Page, étant arrivé à Ilong-kong, faisait connaître à M. de Bourboulon, le i3 février 1860, ses vues qui concordaient avec celles de Tamiral IIopc au sujet de l'envoi de