M. DE BOURBOULON REMPLACE PAR LE BARON GROS
Pour la seconde fois, M. de Bourboulon allait subir la mortification de se voir retirer la direction des affaires si délicates qu'il conduisait depuis le départ du Baron Gros ; notre ministre reçut la nouvelle que ce dernier était de nouveau chargé de régler de concert avec Lord Elgin les affaires de Chine, au moment où il venait de remettre aux mains du Général de Montauban la conduite des affaires devenues exclusivernent militaires ; celles-ci étaient même commen-
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cces, car les troupes alliées s'étaient emparées sans résistance de Ting-haï, capitale de la grande Chousan, le 21 avril.
M. DE BOURHOILON A M. mOrVENEL
Chang-Haï, le 28 avril 1860.
MONSIELR LE MiMSTRE,
J'ai reçu la dc'prrhp que V. E. m'a fail l'iionneurdc ni'adrosscr le 37 Février dernier... m'annonçaiit que le (iouvcriiement de l'Empereur se proposait à l'exemple du cabine! Britannique, d'envover en Chine M le Baron Gros pour réi,der les atVaires de concert avec Lord Elgin. C^ettc dépèche m'est parvenue quelques jours après que, conformément aux instructions de M. le Comte AValewski en date du 3o décembre dernier, je venais de remettre à M. le (îénéral Montauban « la direction des ailaires devenues exclusivement militaiies » par le refus du Gouvernement chinois d'accepter les termes de notre ultimatum et lorsque déjà, par suite de la résolution adoptée dans la réunion du 1 4 de ce mois entre les Ministres plénipotentiaires et les Commandants en Chef, M. le Général Grant et M. l'Amiral Page étaient partis deChang- Ilaï pour aller effectuer l'occupation des îles ïchousan.
Cette opération d'ailleurs commandée par les nécessités militaires du moment a été exécutée le 2 i de ce mois, le Colonel Martin des Pallières, commandant nos troupes de débarquement, s'étant établi avec son petit détachement de soldats d'infanterie de marine dans le fort dit de la Pagode qui domine la rade et la vide de ïing-haï, pendant que le Colonel Reeves, Commandant Anglais, occupait avec une force d'environ 2 000 hommes un vaste bâtiment, reste de la guerre de i84i et désigné encore aujourd'hui comme l'ancien Hôpital de l'armée Britannique. L'entrée des troupes françaises et anglaises dans le chef-lieu de l'île s'est effectuée sans la moindre opposition de la part des Chinois, les indigènes paraissant plutôt se féliciter de l'apparition au milieu d'eux des troupes alliées qui ne peut manquer d'être pour eux une source de profits...
Ho, effrayé, écrivait le 17 avril, la dépêche suivante pour essaver d'évilei- la iruorrc :
HO A M. DE ROIRBOCLON I 6q
IIO A M. DE BOURBOULON , l' AVRIL 1860.
Le i() Avril, j'ai reçu, Noble Ministre, votre dépêche en date du 1 1 de ce mois. \ous avez pris connaissance de la réponse du Grand Conseil cjue je vous avais transmise en copie, mais comme elle n'est pas une acceptation pure et simple, il est plus que difïicile qu'elle mène à un arrangement pacifique, et vous me demandez de le faire connaître par un Mémorial (à S. M. Impériale).
Avant examiné ce cjui précède, je trouve, moi Ministre d'Etat, que votre Rovaume est venu, depuis longtemps déjà, commercer avec la Chine, les deux parties s'étanl appliquées avec soin à maintenir (entr'elles) la bonne entente. Du moment donc où l'on croirait voir surgir un diflérend, on pourrait, assurément, — en vue de l'avantage mutuel des deux pavs — en délibérer d'après l'ensemble (de ces antécédents), et il semblerait cjuil n'v a pas de nécessité de renouveler la guerre. Je ferai d'ailleurs du contenu de la dépèche reçue l'objet d'un Mémorial au Trône et je saisis cette occasion pour vous réitérer l'expression de mes meilleurs souhaits.
Communication oITicielle en réponse.
Le 17 Avril 18G0.
Pour traduction conforme,
Shanghai, le 22 Avril 1860.
En l'absence de l'Interprète intérimaire. Le i"" Secrétaire de la Légation,
(Sig.) Rleczrowski.
Mais le temps des tergiversations était passé : la parole était au canon qui en fin de compte a été le grand diplomate de cette négociation longue et pénible.
Gomme tout est antithèse et contradiction dans ce pays de Chine, au moment où les batteries franco-anglaises mena-
i~o ri-TiMATïM nr: i,a FnwcF. f,t de i. Angleterre
çaicnt les Choiisan, on recevait la nouvollo qu'à Canton, les douanes chinoises avaient versé à notre représentant la balance du premier terme de notre indenniité de guerre.
LETTRE DU CAPITAINE DE VAISSEAU D ABOVII.LE, COMMANDANT SUPÉRIEUR DE CANTON, AU" MINISTRE DE UA MARINE
Canton, le i4 avril 18O0.
La Douane de Canton a versé entre mes mains, le 5 de ce mois,
1 33 333 taels restant dus sur le paiement de la premirre
annuité de notre indemnité de guerre (seule annuité s'élevant à
2000000 f. ([ue i'ai reçu mission de réclamer). Cette somme a
été mise sur-le-champ à la disposition de M. \c Payeur en Chef
du Corps expéditionnaire. Les autorités chinoises se trouvent
ainsi avoir scrupuleusement tenu les engagements contractés
envers nous en Octobre dernier.