U WANT-PUOI-OS
que, le oO mars suivant, le ministère de M. Odiloii Barrot venait demandera la Constituante le droit d’occuper à main armée un point quelconque du territoire italien; lorsque, la veille de la glorieuse entrée de nos troupes à Rome, le général Oudinot envoyait le colonel du génie Niel porter à Pie IX les clefs de sa capitale; lorsque enfin, le 15 juillet 1849, l’étendard de saint Pierre reparut sur le fort Saint- Ange aux acclamations de la population romaine et de l’armée française; dans cliacune de ces occasions, il nous sera aussi facile de le prouver qu’il nous est agréable de l’affirmer, le devoir de soutenir l’honneur de la politique nationale ne se sépara pas un seul moment de la pensée de défendre ou de relever l’autorité légitime du Chef de l’Église.
Qu’on renonce donc, il en serait temps, à ce reproche de duplicité lancé contre une entreprise qui aurait commencé par déguiser jusqu’à son nom. Sans doute, il eût mieux valu l’appeler de suite l’expédition de Rome, et proclamer sans détour qu’elle allait rendre à Pie IX sa souveraineté temporelle. Mais le sentiment public le criait si fort, l’intérêt politique le conseillait si ouvertement, que nul doute ne semblait possible, nul démenti acceptable; et quand bien même le ministère eût renié ce noble but, ce que la tribune n’obtint jamais, il n’aurait pas trouvé un seul esprit sérieux pour le croire, ba duplicité, qu’on nous permette de le dire, fut bien plutôt dans les instances de \
AVANT-IMIOI’OS.
l’opposition que dans le silence du gouvernement'.
Ce silence, commandé peut-être par l’intérêt même d’une intervention dont l’Europe ne comptait nullement nous laisser tout le mérite, était à lui seul un suffisant aveu. Chacun comprenait qu’il ne cachait d’autre pensée et ne pouvait avoir d’autre signification que de ramener le Pape au Vatican. 11 n’y eut personne de trompé, et tout le monde l’eût été, .si les événements eussent abouti à une autre conclusion.
« Si je'rechcrche, di.saità la tribune un ministre de ce temps, dévoré de la rare passion d’être sincère, quel a été le désir de tous ceux, je dis tinis, de tous ceux qui ont voté l'expédition de Itonie, je crois être fondé h affirmer que tous désiraient la restauration de Pie IX’. »
Mais, s’écriait-on, une nation qui a chassé scs' souverains, forcer une nation qui a voulu l’imiter à reprendre le sien! Un peuple qui fait des révo- ' lutions chez lui, aller faire des restaurations chez les autres! Une république attaquer une république! C’était là, sans aucun doute, le cri de la passion du jour et d’une redoutable logique. Mais la vérité ni la justice n’auraient eu garde de s’y associer. Avec ce cri, on put risquer une émeute, on n’aurait pas pu fonder une politique. En politique, il y a longtemps qu’on l’a dit, les faits sont mâles.
* >oir ^u^ cc imiiit p. I5C e'. stiiv.
* M. de Torqncville, stMncedu 19 octobre 1819.
AVANT-l'ROPOS.
Mil
les paroles sont femelles. Or, en France comme à Rome, la république n’était en ce moment qu’une parole. Le fait, le fait capital, c’était alors, comme aujourd’hui, la ruine ou le maintien des conditions temporelles de l’existence de l'Église. Que sont, je le demande à ceux mêmes qui ne voient dans le catholicisme qu’une grande institution d’ordre public en Europe, que sont les questions de forme, de souveraineté de tel ou tel État, devant ce premier intérêt de tant de millions de consciences? Qu'on eût essayé au Capitole d'une monarchie^ au lieu d’une république, que le roi Charles-Albert, par exemple, eût accepté de s’enrichir des dépouilles de Pie IX, et nous aurions fait la guerre à Cbailes- Albert comme nous la finies au triumvirat. Mais cette supposition est une offense à la mémoire du vaincu de Xovare. En 1849, les rois avaient encore pour coutume d’abandonner aux révolutionnaires le soin de faire les œuvres de la révolution.
La France n’eut donc à chasser de Rome que Mazzini, c’est-à-dire la république universelle, et non l’indépendance de la Péninsule, la chimère alors fort décriée de l’unité italienne, et non la souveraineté particulière du peuple romain. C’était bien la révolution qu’on voulait battre, et qui fut battue. L’ordre matériel ne semblait point, comme on se plaît à le croire aujourd’hui, fondé sur des bases indestructibles. On était en face de grands scandales, on avait à craindre de grands dangers; on