‹ L'expédition du MexiqueChapitre 1 sur 5 · THE NEW YORK BLIC LIBRARY · texte numérisé non relu

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A8TOR, LIMOX AND TILDEN FOUNDATIONt

RÉHABILITÉE

M. Emile de Girardin, qui, dans les rangs où il s'est enrôlé, est à la fois le plus habile tacticien et le plus éminent polémiste de ce temps, s'est demandé un jour s'il y avait (c des mice nistres qui lisent, des ministres qui étudient, /^ ce des ministres qui cherchent le vrai, des mice nistres qui descendent au fond des questions ; « des ministres qui, sur chacune d'elles, oucc vrent une enquête dans laquelle soient entencc dus tous les penseurs qui l'ont traitée, cha- « cun à son point de vue ? Partout les ministres ce se préoccupent encore des partis.... »

C'est dans cette ignorance de la plupart des grandes questions qui préoccupent les esprits V^ qu'il faut chercher le secret de l'impopularité

qui a frappé, dès le pFemier jour, une des plus vastes, une des plus nobles entreprises de ce siècle ; nous avons nommé Texpéditron du Mexique.

Soit manque de foi dans l'avenir, soit manque des connaissances suffisantes pour défendre une cause juste, soit appréhension des partis là où il était si facile de les convaincre, les avocats du gouvernement se sont engagés avec défiance et irrésolution dans l'arène parlementaire.

L'opposition vit qu'on reculait : elle avança.

Des deux côtés, on se passionna. La lumière, cette fois, ne jaillit pas au choc des opinions contraires; seuls, la vérité et le patriotisme en souffrirent. — Il était pourtant facile de s'éclairer mutuellement. Les avocats de la couronne auraient dit aux légitimistes : « Vous n'avez pas le a droit d'avoir deux politiques. Vous qui défenc( dez les principes monarchiques et catholiques, m VOUS ne pouvez nous conseiller de pactiser « d'une part avec Juarez et l'anarchie , d'autre « part, d'abandonner la moitié de l'Amérique « du Nord au prosélytisme anglo-saxon. Que <c le roi des orateurs, qui est à la fois un <c grand citoyen et un homme de bien, se préce occupe de nos dépenses multipliées, soit ; mais

« si vous condamnez l'expédition du Mexique , <c ne nous parlez plus de Charles X et flétrissez « rimmortelle conquête d'Alger! »

Aux orléanistes, on aurait opposé les passages d une histoire illustre où l'auteur trouve des paroles amères pour la politique qui nous a fait perdre nos colonies et notre influence dans le Nouveau-Monde. On leur aurait demandé si c'était pour amortir la dette qu'on avait mis

quinze ans à s'emparer de la personne de

1» ' emir.

Enfin, on aurait adressé les paroles suivantes à la gauche : a Vous auriez, en 1 869, voté des a centaines de millions pour chasser le Pape de <c Rome, et fonder contre notre gloire et contre (c nos intérêts l'unité italienne; trouvez donc <c bon que pour venger le sang de nos natiocc naux, les outrages faits à notre drapeau, que ce pour sauvegarder notre honneur, nos droits « et notre commerce , nous demandions des a sacrifices qui seront féconds pour l'avenir, (c C'est en 1859 qu'il fallait nous parler d'école nomie ! »

Telle était la thèse à soutenir.

Quant à l'opposition, sa réponse était bien simple.

(c Nous admettons la pureté de vos intentions « et rexcellence des raisons qui vous ont dé- (( terminés à faire la guerre ; mais alors, vous ce qui nous parlez de principes monarchiques « et catholiques , comment avez-vous souffert, « au nom du catholicisme et de la civilisation, « que le clergé mexicain fût dépouillé d'une <c manière odieuse? Gomment se fait-il que «c vous, qui combattiez Juarez, vous ayez préce cisément adopté ses principes et ceux de K Comonfort dans les affaires religieuses ? »

C'est sur ce terrain que nous allons étudier la question. Nous comblerons ainsi une lacune regrettable; et, nous l'espérons, nous dissiperons bien des doutes, bien des erreurs.

L'établissement d'un empire catholique dans l'Amérique du Nord est un immense événement.

Cet événement est heureux pour nous, il sauvegarde nos intérêts politiques, religieux et commerciaux : c'est ce que nous allons essayer de prouver.

LA

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