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CONCLUSION

L'expédition du Mexique est une des pages les plus glorieuses, les plus utiles de notre histoire : les événements qui se sont précipités le démontrent ; les siècles à venir Taffirmeront. La vie des peuples^ d'ailleurs, ne se compte pas par années. Qu'importe que notre dette soit grevée dix ans, vingt ans, si pendant des centaines d'années la richesse de la France doit augmenter, son commerce fleurir, son influence grandir?

Trente-cinq ans se sont écoulés, et l'Algérie qui nous a coûté tant de soldats et tant de millioas n'est ni pacifiée ni entièrement colonisée.

Si nous condamnions la politique française en Amérique, nous reviendrions à ces jours de douloureuse mémoire où le plus loyal et le plus chevaleresque des rois payait la conquête et la victoire au prix de Tu^ur-

palion et de Texil ; et où Bourmont, rayé du cadre des maréchaux pour avoir été plus heureux que Charles-Quint, ne rapportait d'Alger que lurne de son fils!

La prise de Puebla et celle' de Mexico font partie de celte liste héroïque des gesta Dei per Francos qui ont placé la France au poste d'honneur de la foi et de la civilisation.

L'expédition du Mexique procède directement de la conquête d'Alger et de l'expédition de Rome en 1849. Les catholiques ont donc commis une grave faute en ne soutenant pas énergiquement le gouvernement dans la question mexicaine. En votant dans le sens del a politique impériale on aurait protesté de la manière la plus éloquente contre toutes tendances hostiles à l'occupation de Rome. L'opposition catholique en déposant un vote affirmatif dans l'urne aurait dit à l'Empereur: — « En votant des subsides pour l'occupation « française au Mexique, nous votons pour le maintien « de nos troupes à Rome. En effet, nous ne pouvons « admettre que Votre Majesté, qui protège les intérêts i catholiques et monarchiques au-delà des mers, puisse i jamais Jivrer aux Juaristes de la révolution Rome,

• centre de l'unité catholique, centre de l'autorité mo' i» narchique, centre de la civilisation, capitale enfin « du monarque le plus auguste qui soit en ce monde ;

• parce que c'est Pie IX, parce que c'est un prêtre, i parce que c'est un vieillard , parce qu'il est le plus

« faible; parce que son trône, sorti des catacombes,

« n'est pas cimenté seulement par le sang des Mar-

« tyrs et des Confesseurs; mais aussi par celui des

a compagnons d'armes de Pépin et de Charlemagne,

a des soldats d'Oudinot et de Lamoricière; parce

« qu'enfin Dieu a voulu que la houlette du souverain

« pasteur fût protégée par la plus redoutable épée

« qui fut jamais, par celle de la France. »

Quant à nous 9 nous aurions ajouté : « Laissez vos

« troupes au Mexique ; pas de demi-mesure dont per-

u sonne ne vous saurait gré. Établissez solidement

« le nouvel empereur; l'histoire prononcera entre

• vous et ceux qui vous conseillent de rendre notre

a gloire stérile. »

L'empereur Maximilien règne à Mexico, etaveclui une ère de régénération va s'ouvrir pour le Mexique et pour l'Amérique du Nord.

L'opinion publique se calme, les passions s'apaisent. Hier on ne pouvait méconnaître ni la valeur ni la hardiesse de l'entreprise, aujourd'hui on ne peut douter du succès.

Les jours de réserve et d'observation touchent àleur terme. L'empereur Maximilien a voulu s'assurer par lui-même de l'état des esprits, non-seulement à Mexico, mais dans les provinces de son vaste empire. Ce voyage a été un long triomphe.

€ De retour de mon pénible voyage, écrit l'enipe-

« reur à Vélasquez de Léon, pendant lequel j*ai reçu (t dans chaque ville^ dans chaque village et hameau, « les preuves les plus sincères de sympathie et ,de « l'enthousiasme le plus cordial, j'ai pu constater deux « vérités irréfragables. La première est que l'Empire a est un fait fermement basé sur la volonté de l'imn mense majorité de la nation, et que sur ce fait « repose la forme d'un gouvernement de véritable « progrès, et qui est celui qui répond le mieux ïïox a besoins des populations. La seconde est que cette « immense majorité désire la paix, la tranquillité et « la justice, biens qu'elle espère et qu'elle demande (c avec anxiété à mon gouvernement, et que moi, a plein de l'idée de mes devoirs sacrés envers Dieu et « envers le peuple qui m'a élu, je suis résolu à lui « donner. »

Dieu soit donc en aide au prince chevaleresque qui n'a pas craint d'abandonner sa famille, ses amis, les douceurs d'une vie honorée, pour aller au-delà des Océans consacrer sa vie au salut d'un peuple !

Vu de haut, ce spectacle de la régénération d'une race qui a eu ses jours de prospérité et de revers offre aux méditations et à la pensée d^ vastes ho* rizons.

Si jamais la mission de la royauté apparaît avec son côté divin et providentiel, c^est assurément dans les circonstances présentes.

C'est un descendait de Charles^uint <}ui est appelé

à l'efaire Tœuvre héroïque et chrétienne de Fernand Cortez. Les mêmes destinées lui sont promises, et il saura les accomplir. Cette fois il y aura moins de dangers à affronter, il n'y aura plus de batailles à livrer un contre mille ; mais il y aura encore de la gloire à acquérir en fondant la paix sur les assises inébranlables de la religion populaire, de la civilisation et d'une liberté modérée. Ce jour-là, comme au seizième siècle, le soleil se lèvera , mais il ne se couchera pas sur l'empire des Hnpsbourgs !

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