RETOUR DE L'EXPÉDITION
(Du 77 juin au 10 juiltet 1871.)
Nous avons dit que nombre de volontaires avaient obtenu leur
congé dans le cours de l'hiver, soit pour retourner en Canada, soit pour commencer des établissements à Manitoba. Le juur du départ du fort Garry, le J juin, l'expédition ne se composait plus que de .117 officiers et soldats du fer bataïllon, et 132 officiers et’soldats du 2me bataillon, auxquels furent adjoints 44 voyageurs; 1otal 293 personnes, munies de vivres pour trente jours: Ajoutons à ce chiffre celui des 80 volontaires restés en garnison aux deux forts Garry et à peu près 50 licenciés à l’île Ste. Hélène (ler comp, 2me bataillon) nous trouvons sous les drapeaux, è celte date, seulement
390 hommes, soit: un peu plus de la moitié du nombre de ceux qui étaient partis du Canada pour former l’expéditiou.
La première brigade arriva à Toronto le 10 du mois courant ; les autres suivirent de près. Au moment où nous écrivons, les ‘volontaires touchent leur paie et se disposent à rentrer daus leurs familles, où notre article arrivera juste à poiut pour leur souhaiter la bienvenue, .
Le voyage de retour m'offrit aucun intérêt particulier qui vaille la peine d'en entretenir nos lecteurs.
Nous nous arrêtons ici dans cet article fait comune à vol d'oiseau. ‘
Le récit détaillé de l'expédition militaire de Manitoba reste à écrire. Sur le simple caneŸas que nos lecteurs ont bien voulu suivre, nous sentons qu'il serait facile et agréable À la fois de ponvoir broder quelques fleurs et faire courir une narration émaillée de
: traitset d'observations inconnus de ceux qui, comme noûs, dont pas eu une connaissarice : personnelle des incidents intimes de cette expédition, désormais fameuse dans l'histoire du Canada. Notre travail s’est borné à la compilation des ‘documents officiels soumis à la chambre des Communes. .
Ce n'est pas sans un vif plaisir que noûs voyons revenir au milieu de nous les courageux volontaires dont le sort a été jendant quelques mois l'objet de toutes nos sollicitudes. Ils rapportent, avec le sentiment du devoir accompli, la satisfaction d’ avoir dechiré le voile, qui avant eux, enveloppait si complètement le
Nord-Oues|, vers lequel $e tournent aujourd'hui tons les-regards.
L'expédition a eu pour effet: 1° de calmer les fisvres politiques qui. même! après la passation du bill de Manitoba, menaçaient de dégénérer pn guerre civile; 2° d'ôter aux prétendants de toutes les nuanceé l’occasion de lever un drapeau quelconque dans la nouvelle province ; et 3 de permettre d'établir sans précipitation un gouvernement régulier, en rapport avec les besoins du peuple.
D'un autre côté, l'attention soutenue que le public canadien a été forcé, pour ainsi dire, de diriger vers le nord-ouest, à la suite de nos troupes, a plus contribué à nous faire connaître ces contrées lointaines que ne l'auraient pu cent volumes écrits pour les amateurs de récils étrangers.-
Alliés politiquement à Manitoba depuis un än, nous sommes
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déjà plus familiarisés avec les hommes et les choses de celte province qu'avec ceux du Nouveau-Brunswick et dé la Nouvelle- Ecosse, par exemple. La vapeur nous mettra bientôt ‘en communi. cation facile avec Manitoba, et, du pas que marchent les événements et que se fon Jes transformations en Amérique, nous ne vivrens pas vieux sans relire avec quelque surprise les livres de notre jeunesse, qui nous montrent le Nord-Ouest comme une terre - sauvage, située -* au bout du monde ”, d’ où l'on ne revient qu’entouré du prestige des grands voyageurs.
BExJAMIN SuLTE.
16 juillet 1871
ré
+ Pas