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DEPUIS LA PRISE DU FORT GARRY JUSQU'AU DÉPART DES ! TROUPES ANGLAISES

(Du 25 août au 3 septembre 1870.)

C'était la quatrième fois depuis un quart de siècle que les soldats anglais entraient au fort Garry avec mission de conteuir les ferments de troubles qui se manifestaient dans la colonie.

‘En 1846, le colonel Johu Crafton,—parti d'Angleterre avéc un détachement de 383 personnes composé de soldats de ligne, d'ar. tilleurs, d'ingénieurs, ‘de 17 femmes et 19 enfants, —avait traversé ‘ en trente jours, les 700 milles qui séparent le fort York, daus labaie d'Hudson, du fort Garry, dans la Rivière-Rouge. Sur ce parcours il n'y a aucun chemin tracé. L'expédition’ portait avec’ elle * un canou de 6 et un de 9. Le colonel retourna seul’en Angleterre, passant par la route de la Baie du Tonnerre Dars son témoignage: donné en 1857 devant un comité de la Chambre des Communés,. Al affirme que cette dernière route est préférable (decideëly easy) à celle qu’il avait fait suivre à son expédition et que l'on y pourrait faire passer facilement du canon ayant un moindre calibre que 9. Les deux canons du col. Wolseley étaient de 7. ‘

En 1848, un autre corps composé de vieux soldats et de gens disposés à devenir colons, sous les ordres du colonel William Caldwell, suivit de nouveau la route du fort York an fort Garry et parvint‘sans encombre à ce dernier-poste. Eu face des méeontentements qui réguaient dans la colonie au sujet des lois que promulguait la compagnie de la baie d'Hudson, l'on avait.envoyé ces homines qui, une fois établis aux alentours du fort Garry. devaient jouer le rôle des soldats du régiment de Carignan le long de la rivière Chambly, il ya deux siècles, et contenir les méus Le * lieuténant-Colonel Caldwell resta au fort Garry jusqu'en 1855:

En 1857, de nouveaux troubles surgirent, ce qui provoqua ‘une enquête célèbre à la Chambre des Communes. Les métis ne vou- ° laient pas être prives de relations commerciales avec le Canada et les Etats-Unis: ils menaçaient de répudier le gouvernement de la” baie d'Hudson. Un” troisième envoi de troupes eut encore lieu par le fort York, sous la conduite du major Seton.

Enfin, en 1870 la situation politique, bien connue‘de nos lecteurs, faisait envoyer au fort Garry une quatrième expédition, plus

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considérable que les trois autres, et cette -fois, par la route de la Baie dy Tonnerre.

Sur 94 jours de voyage, 45 avaient été marqués par le mauvais ‘temps, —-le vent, le tonnerre, les incendies et surtout la pluie, —au milieu d'un labeur incessan} et.des plus rudes,=-sans qu'il en fut résulté un seul cas de maladie grave. Ces chiffres n’ont pas besoin de commentaires.

Nous ne chercherons pas à jeter dans l'ombre la prudence et le bonheur qui ont signalé l'administration du commandant; ilsétait à désirer qu'il ne sortit jamais de ses attributions de chef militaire pour se permettre de jouer à l’homme politique et censurer, de dépit, le Canada qui se gouverne bien sans s'embarrasser de ses conseils.

L'absence de maladie dans le cours de l'expédition a pu frapper ceux qui en ont eu connaissance, et qui ne tiennent point compte du genre de travail auquel les hommes ont êlé assujettis pendant ce trajet. Une telle impression découle d'une fausse idée‘ des choses. Dans la province de Québec, il est notoire que, selon l’expression des gens du mélier, on n’est jamais malade en voyageant dans les bois. La vie au grand air, pendant les plus beaux mois de l’année, à respirer la brise salutaire des forêts, avec une nourriture saine el abondante, est la meilleure hygiène que lon puisse suivre, et nos voyageurs de profession qui s’y connaissent mieux que nous, auraient été bien étonnés si la maladie s’élait introduite parmi les hommes de l'expédition !

Voici d après le rapport officiel, la liste des armes trouvées “dans le fort: .

26 canons, tant de bronze que de fer, la plupart de petit, calibre. et de fabrique’ ancienne, dépareillés, mal montés et tôus couverts de rouille. 77 fusils à pierre, 46 fusils à percussion, presque.tous” en très mauvais état, ou complètement inserviables, 12 seulement étaient chargés, 3 carabines américaines, 1 carabire Enfield, 124 bayonnettes, 6,138 livres de poudre contenues dans 93 barils 30,000 car touches à balle et d'autres munitions en petitel quantiés. Ces armes appartiennent toutes à la Compagnie de la Baie d'Hudson. . 4 L

Riel, qui est un home intelligent, et qui avait pour principal support des chasseurs habitués au maniement des armesà feu, ne songeait.donc pas à résister puisqu'il laissait ses moyens'dé défense se détruire sotfs sès yeux et qu'ilre gardait, pour lui-et son esçorle, que douze-fusils en bon ordre et chargés —si bien entretenus qu’en les tirdnt, onze partirent à la première capsule, ce qui fait voir que lés autres armes auraient pu devenir redouta-

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bles entre les mains des métis, s'ils eussent voulu s’en servir contre lestroupes. 1:

Le but de l’expéditioæ était atteint. Il ne restait plus qu'à remettre le gouvernement du pays à M. Archibald, attendu de jour en ‘jour, et à reuvoyer, sans délai, les troupes régulières en Angle-

‘terre, où les rappelait un ordre pressant du bureau de la guerre,

‘pour compléter le retraits des troupes du Canada, décrété par la politique dite * libéralé ” du cabinet actuel de Londres.

Maître du fort Garry. le colonel Wolseley se trouvait provisoirement la seule autorité légitime du pays. Il ne voulut pas prendre la conduite des affaires et s'arrangea un rôle d'Achille retiré sous sa tente. Ce pacificatenur altitré ne crul pas devoir empècher ses soldats de molester les habitants qui avaient pris part à l’insurrection. Le mauvais effet de sa conduite s’est fait sentir dans les rangs des volontaires d'Ontarto, la plupart déjà trop disposés à exercer des représailles contre les catholiques et les français de Manitoba. Nous citerons, entre autres, le meurtre d'Elzéar Goulet et les saturnales charivariques dont ces volontaires furent prodigues, jusqu'à insulter de cette manière le gouverneur Archibald dont les sentiments de justice el d'équilé ne leur convenaient

point. Pendant plusieurs semaines, la colonie a été dans l'expec-

tative d’une guërre civile dont les germes avaient été ravivés par le Parthe Wolseley, qui froissé de n'avoir pas été nommé gouver-

neur nlitaire, se vengea sur M. Archibald en laissant derrière lui .

des brandons de discorde. Dans:sa proclamation du 28, il semble inviter ses troupes à trancher du conquérant ettraite de * bandits” les insurgés et leurs chefs, auxquels le souvernement canadien,

appuyé par celui d'Angleterre, avait accordé, dès lors, par un acte .

solennel du Parlement, tous les droits, priviléges et immuuités ü'ils avaient inscrits dans leur programme.

i Les brigades de volontaires tirent leur apparition le 2, sauf la compagnie stationnée au fort Frances, qui suivait à cinq ou six jours de distance. Dès le lendemain, le premier détachement des réguliers se remit en marche pour le Cân4da par la rivière Winnipeg, à l'exception d'une compagnie qui fut envoyée à travers les terres pour opérer ensuite sa jonction avec le corps principal à l'angle nord- ouest dn lac des Bois. Celte compagnie devait mettre à l'épreuve la nouvelle route commencée par M. Snow, par l'orûre du gouvernement canadien. .

.Le 3 septembre, tous les réguliers avaient quilté Je fort Garry,

— vingt-quatre heures après ‘l'arrivée’ de M. Archibald, — et le 6

“octobre leur dernier détachement s'embarquait à la Baie du: Ton-

nerre pour aller prendre à Québec le transatlantique qui devait #

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les conduire en Angleterre. Le colonel Wolseley reçut, en passant à Montréal, les honneurs d'un diner public, prélude de ce qui l’attendait à Londres. Nous n'avons pas à juger du peu ou du moins de mérite que lui attribuent ses amis et ses adversaires, comme chef de l'expédition de Manitoba ; à notre avis, ses opinions exprimées par des proclamations ou des articles dans les journaux sont des actes maladroits qu'il aurait pu très-bien se dispenser de commettre, sans rabaisser sa gloire militaire. ‘

En reconnaissance des services qu'ils ont rendus dans l'expédition de Manitoba, le lieut.-géu. James Lindsay, le colonel Garnet- Joseph Woiselev, ont éte nommés chevaliers commandeurs de l’ordre de Saint-Michel-etSaint-Georges. Les officiers dont les noms suivent ont reçu la croix de compagnons du mème ordre : le colonel Randel-Joseph Fielden, le livul.-colonel John-Carstairs MeNeill, le lieut.-colonel William Boîton, lassistant-contrôlenr Mathew-Bell rvine, le lieutcolonel Louis-Adoiphe Casault, le lieu'.-rolouel Samuel-Peter Jarvis, le lieut.-colonel B. H. Martindale et le major James McLeod.

L'ordre de Saint-Michel-et-Saint-Georges, de fondation récente, est dest'né à récompenser les services civils ou militaires rendus daus les colonies par des sujets britanniques.

HIVERNEMENT DES VOLONTAIRES À MANITOBA: * - à

Le lieutenant-gouverneur arriva le 2 septembre, par la route de Winnipeg, et-prit en main le gouvernement de la province. Le 10, le colonel Wolseley, accompagné de son état-major, partit, par la voie de terre, pour rejoindre les réguliers à l'augle nord-ouest du lac des Bois.

L'arrivée tardive du lieut-gouverneur sert d'argument dans la bouche des amis du colonel Wolseley, pour excuser et couvrir les troubles qui ont eu lieu dans le premier moment de réaction politique provoqué par l'arrivée des troupes. Le pouvoir civil -disentils, avait êté remis à M. Archibald, qui était absent, cela privait le colonel de tout moyen d'agir. Dausles circormgnces exceptionnelles où 1] se trouvait, nous pensons, au contraire, que le colonel devait, en justice pour tous, assumer, de sa propre iuiti tive, l'autorité nécessaire pour faire régner la paix autour de Lg rassurer les

. colons de toutes les croyances politiques et religieuses. Il n'a pas.

voulu remplir ce devoir de conscience.

L’extrême rapidité de la marche des réguliers, depuis le lac des Bois jusqu’au fort Garry, avait, on le comprend, dérangé les calculs du gouverneur, qui, au lieu de les suivre à une journée de distance, n’a pu arriver au fort que sept jours après eux. Mais le colonel va plus loin que de formuler une accusation de délai; il voudrait avoir vu M. Archibald le précéder au fort Garry. On se demande quelle position le gouverneur aurait eu, sans force armée pour le soutenir, s’il eut pénétré dans la province que Riel tenait encore sous son contrôle; car, malgré les protestations pacifiques de ce dernier, le gouvernement canadien devait être désireux de n'avancer qu'à pas sûrs et déviler une seconde édition de la mésaventure de M. McDougall. Lorsque l'on connaît la lettre de l'Evêque anglican de Ruperts Land citée plus haut, adressée au colonel Iuimême, on est surpris de l'aplomb avec lequel ce dernier blâme le cabinet d'Ottawa, et exprime une opinion que personne n’a partagée.

Rieb a tenu le fort Garry jusqu'au dernier moment, mais n’en déplaise aux personnes qui ont cherché à le représenter comme un rehelle à tous crins, il n’a jamais cherché à s’opposer à l'approche des troupes du Canada. Sa conduite dans la malheureuse affaire

-de la mort de Scott lui à valu, à juste titre, le désiveu des gens sensés ; toutefois, il s'est arrêté à cet acle de violence, et s’il a persisté à ne pas se désaisir du pouvoir avant l’arrivée des troupes: ça été autant pour empêcher l'anarchie de lui succéder dans l'intervalle que pour conserver une position, dont 1l povait encore se prévaloir pour rendre plus imposantes ses prétentions à un acte de la clémence royale. En vue de ce dernier résultat. i! n’a abandonné ni le contrôle des affaires publiques ni préparé de résistances aux troupes. Voilà, réduite à sa juste mesure, la politique de Riel dans les mois de mai, juin, juillet et août. Les révolutionnaires et les

rebelles ne sont pas ordinairement si raisonnables. D'ailleurs, il

est avéré que sans la mort de Scott, qui l’a forcé de se soustraire aux représailles, Riel fut resté au fort Garry pour y recevoir les troupes et le lieut.-gouverneur, et serait aujourd’hui l'homme le plus considérable de Manitoba.

Nous croyons qu'on ne lira pas sans intérêt le passage suivant d'une lettre adressée, le 23 juillet 1870, par monseigneur Taché à Son Excellence le gouverneur-général :

“Je veux tout d'abord repousser les odieuses calomnies dont

> 1 Voir à ce sujet Le livre que M. Alexander Begg vient de publier sous le üire

de History of the Red-River Troubles, dans leqüel il constate que Riel etait dusi-.

reux de voir arriver les troupes.

j'ai été personnellement l'objet dans certains journaux. La participation que j'ai prise’ aux troubles de la Rivière-Rouge se réduit à la peine extrême que j'en ai éprouvée, et aux efforts que j'ai faits, au meilleur de mon jugement, pour les apaiser. Je regrette autant que qui que ce soit les actes déplorables qui ont eu lieu, et cependant j'ose affirmer qu’il est impossible de juger impartialement ces actes, à moins d'avoir sur les circonstances qui les ont fait naître des informations que ue possèdent pas ceux qui ont vécu en dehors du milieu où ils se sont produits.

“ Trois hommes ont perdu la vie -pendant les troubles de la Rivière-Rouge. Le premier, Sutherland, a été je dirai la victime d'un accident, puisqu'il a élé tuë par Parisien qui n'avait pas l'usage de la raison. Parisien lui-mème, fait prisonnier d'abord par le soi-disant * parti loyal” {auquel pourtant il appartenait) fut ensuite mutilé ou tué au point d'être laissé pour mort, par ce même parti et mourut en effet par suite des horribles traitements qu’on

.-lui avait fait subir. Personne ne blâme la mort de ces deux hommes; tout au contraire, quelques uns de ceux qui ont le plus contribué à la mort de Parisien prétendent faire preuve de loyauté en demändant que l’on venge la iroisième victime, l'infortuné Scott, feux qui connaissent les événements s'étonnent bien moins de la mort de Scott que du fait qu'il n’y a eu qu’une seule victime dans le.camp des insurgés. Cette dernière circonstance prouve du moins que la soif du sang et l'esprit de vengeance n'élaient pas le mot d'ordre de ce peuple en armes.

“ Je ne veux incrimifer personne, mais daus mon humble opinion si les plus coupables et les plus rébelles devaient être punis, le châtiment pourrait bieu être infligé à quelques uns de ceux que l'on exalte comme les champions de la loyauté. Si des actes déplorables peuvent avoir une compensation, je la trouve cette compensation dans la conduite même des chefs dugéouvement insurrectionel de La Rivière-Rouge. Ce mouvement n’a jamais. élé fait pour se soustraire à l’allégéance de la Grande- Bretagne. Le drapeau britannique n’a jamais été abattu, et le drapeau fénien n'a jamais été arboré, fquoiqu'en aient dit les journaux. Les féniens n'ont rencontré’que des refus ou le silence quand ils ont offert leurs services et coopération. En dehors de l'association fénienne, le gouvernement provisoire de la Rivière-

Rouge a repoussé des offres qui auraiént pu le séduire si le senti-

ment de Pallégéance ne l'avait pas dominé. Des sommes collectives, à un montant total de plus de quatre millions de piastres, des hommes et des armes ont été offerts, et le tout a été refusé par ces “ rebelles,” que l'on voudrait faire pendre aujourd'hui par l’expé-

dition, que d’autres voulaient les déterminer et les aider à attayquer,”? .

Une fois le lieut.gouverneur arrivé, le colonel Wolseley, {et après lui le lieut.-colonel Jarvis), avait vis-à-vis de lui la même position que les officiers commandant les troupes dans Ontario ou Québec ont vis-à-vis des lient.-gouverneurs de ces provinces. Toutefois, vu lisolement dans lequel se trouve placégla province de Manitoba par le manque de communications avec fa capitale fédérale, le lieut. gouverneur est autorisé, dans des {cas critiques, à requérir le secours de la force armée sans le fiat du gouverneur. général.

Le bataillon de volontaires d'Ontario prit ses quartiers au fort Garry ; celui de Québec au fort de Pierre, appelé aussi “ fort Garry d'en bas,” et le commandement des deux passa au lieut.-colonel Jarvis. Subséquemment une compagnie du bataillon d'Ontario fut détachée à l'occupation du poste de la compagnie de la baie d'Hudson à Pembina. M. Dawson faisait terminer des logements et réparer ceux que la compagnie de la baie d'Hudson avait pu affecter au casernement des troupes.

Le 1er septembre, des uniformes neufs, des habillements d'hiver, des couvertures de lits, du nécessaire d'hôpital, le lourd bagage des officiers et un certain nombre de livres démandés pour composer une chambre de lecture, furent expédiés d'Ottawa, sous les soins du capitaine Perry, qui voyagea par voie de St. Paul et de Pembina et arriva sans encombre au fort Garry avec tout le bagage, comprenant 212 colis en ordre parfait, le 26 octobre.

Nulle inesure propre à procurer le bien-être des troupes ne fui négligée. L'on peut affirmer sans crainte que jamais soldats n'ont été mieux habillés et payés que ces deux bataillons canadiens.

Des instructions détaillées, nécessaires pour la gouverne des officiers commandants à Manitoba, furent transmises par le colonel Robertson-Ross, adjudant-géuéral dun Canada, ainsi que celles relatives à l'approvisiounement des troupes. Il n'y a qu'à se féliciter de la manière dont ces instructions ont été suivies par qui de droit. . +

Eu vertu de l'acte constituant la province de Manitoba, les élecjons pour la législature locale eurent lieu le 30 décembre, non sans beaucoup de tumulte et de violences de la part de certaines personnes dont la mission bien définie était de préserver la paix, Une police spéciale fut mise sur pied et le calme se rétablit devant la ferme attitude des autorités. |

L'hiver s'écoula tranquillement dans les deux forts. — les volontaires atlendant le retour de la belle saison pour reprendre

le chemin du Canada, selon la croyance répandue que leurs ser. vices n'étaient plus requis pour assurer la pacification de la nôouvelle province. Uu grand nombre d’entre eux demandèrent leur congé définitif et l'obtinrent aussilôt, soit pour retourner dans Jeurs familles, soit pour s'établir sur les terres de Manitoba ou exercer des métiers dont la population du nord-ouest manquait presqu’absolument jusque là. Ê

* L'état politique de la province étant devenu assez rassurant pour permettre au ministre de la milice de demander au cabinet fédé ral la retraite d'une partie des troupes, le 19 janvier un ordre en conseil régla qu’à partir du’ Îer mai suivant, il ne resterait qu'un détachement de deux compagnies réduites (86 hommes, officiers compris) dans la province, sous les ordres du major Acbeson G. Irvine, du bataillon de Québec, et que le corps expéditionnaire reprendrait le chemin du Canada. : Le départ n'eut lieu cependant que dans les premiers jours de juin.

Le gouvernement canadien avait donné à entendre qu'il accorderait des concessions gratuites de terres dans Manitoba atix miliciens de l'expédition. Le 25 avril, un ordre en conseil règla la manière de faire l'arpentage à la suite duquel la distributuon des lots scra faite, gratuitement aux soldats, à bas prix:aux colons, en respectant la réserve laissée par Le bill le Manitoba pour éteindre les titres des Indiens et des Métis: °

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