L'ARRIVÉE AU FORT GARRY
(Du 21 au 24 août 1870.)
Les volontaires, laissés en arrière, avançaient si rapidement qu'ils n'étaient qu'à deux ou trois journées du fort Alexandre ; ce que voyant, ie colonel se hâta de prendre le lac avec les réguliers (50 bateaux divisés en 8 brigades) pour entrer de suite dans la rivière Rouge, qui vient s'y déverser et qui coule sous les murs des deux forts Garry, où disait-on, personne n’avaiteu vent de l'approche des troupes. Le soir du 22, l'avant garde campa à onze milles plus bas que le fort de Pierre, ! où le chef des indiens * loyaux ”, Henri Prince, ?eut le soin de se trouver pour protester de sa fidélité à la couronne britannique et …….. . demander des présents.
La pluie * tomba sans relâche tout la nuit et le jour suivant, mais ne ralentit en rien les préparatifs de l'approche du fort Garry. D'après les nouvelles apportées par les émissaires du colonel, le retour de Mgr. Taché du Canada ‘ était attendu de jour en jour avec impatience, on comptait qu’il apporterait l’amnistie. Riel tenait le fort et re semblait pas se douter du voisinage des troupes. Allaitil se défendre ou se soumettre sans conditions ? Le fort serait-il difficile à prendre, en cas de résistance ? La guerre civile ne pourrait-elle pas éclater entre les partis politiques dès que l'on apprendrait l’arrivée des troupes ? Telles étaient les questions que
1 Ce fort était entièrement en la possession des officiers de la baie d'Hudson.
2 Il avait fait partie de l'assemblée législative convoquée par Riel, en novembre précédent.
3 Du 1er au 20 août il y eut 13 jours de pluie,
4 Arrivé de Rome le 8 mars, Mgr. Taché était reparti de la Rivière-Rouge le 27 juin pour retourner à Ottawa, dans l'intérêt de la mission dont il s'était chargé, comme intermediaire entrs les insurgés et le Canada Il arriva à Saint-Boniface le 23 août, veille de l'entree des troupes ‘u fort Garry.
rest jrs
EL noire engine rm bel hi matins momie mmenilieiaisirenintinanmmmentints hentai tit Aer te a w pe
chacun se faisait et auxquelles personne, pas même les habitants # Joyaux ” ne pouvaient répondre clairement.
La marche sur le fort Garry eut lieu Le 23 août avec les précautions üsitées en pareil cas. Des détachements montés sur les chevaux que l’on avait pu se procurer sur les lieux, protégeaient les rives, un peu en avant du principal corps ; ies bateaux ne portaient que quatre jours de rations, afia d'être plus faciles à manœuvrer, les deux canons, placés sur le devant des embarcations, pouvaieut être d’un grand secours contre une attaque äes deux côtés de la rivière, qui est à peu près large comme la rivière Chambly et dont les rives ne sont pas beaucoup élevées.
Arrivé à 9 milles du fort Garry, la nuit empêcha les troupes d’aller plus loin, et bientôt après une pluie poussée par un vent violent se mit à tomber et duia toute la unit.
Quelques citoyens de Winnipeg se hazardèrent pendant la nuit à descendre le long de le rivière pour vérifier la rumeur qui s’était répandue de l'approche des troupes Ils tomhèrent dans les lignes des sentinelles et furent gardés jusqu’au matin sans pouvoir, comme de raison, communiquer la moindre nouvelle à la ville ou au fort. On a prétendu que Riel s'avança pendant ceite nuit jusqu'auprès des avant-poste sans parvenir à les distinguer à cause du mauvais temps, et qu'il s’en retourna persuadé que les troupes étaient encore loin. Riel ne quitta pas le fort de toute la nuit, mais ses éclaireurs, qui depuis plusieurs jours l'avaient tenu au eourant de la marche des troupes, se sont approchés des campements et ont pris une connaissance oxacte de ce qui se passait. La police du chef des métis était bien faite, et sa discrétion alla jusqu’a laisser ignorer aux habitants de la ville les événements qui se préparaient pour le lendemain.
Le lendemain matin, mercredi, 24 août, vers 8 heures, le débarquement s’opéra sur la rive gauche, à la pointe Douglas, deux milles plus bas que la ville de Winnipeg. Les canons furent |: montés sur des charettes du pays et mis en état de servir au premier signal; le colonel Wolseley et le colonel Fielden, commandant les réguliers, ainsi que l’état major, enfourchèrent des chevaux qu'on leur procura sur le champ, et ce groupe, couvert par une compagnie détachée en tirailleurs, s’avança dans la direction de la ville. Le gros de la force marchait à la suite, en colonne ouverte ; en dernier lieu venait une compagnie d’arrière-garde. Cette démonstration militaire ne laissait pas d'impressionner quelque personnes accourues au devant des uniformes, mais il était évident que la surprise serait bien plus grande dans ia ville lorsqu'on verrait arriver tout-à-coup cette fameuse expédition
De 2m ee © 2 PR PS