Quatrième Réplique
'|S L,*EXFî' RIEN CE III'MAIXK ET LA CAUSALÏTÈ PHYSIQUE
raouvemeni qui coexistait poinl auparavant, produit par un principe de vie ou d'activité ; et si Dieu ou l'homme, ou quelque ageni vivant et actif, agit sur quelque partie du monde matériel, si tout n'est pas un simple mécanisme, il faut qu'il y ait une augmentation et une diminution continuelle de toute la quantité de mouvement qui est dans l'univers 1 . »
Par rappori au mécanisme des Cartésiens, le dynamisme des Newtoniens prendra donc une attitude tout autre que le dynamisme de Leibniz. Sans doute Leibniz corrige les formules de Descattes : sans doute aussi joue-t-il du concept de force pour passer du sens purement mécanique (où la force s'exprime par un produit mathématique) au sens métaphysique qui nous donne <!rnit de cité dans le monde des âmes et conduit au système de l'harmonie préétablie, A ce jeu il risquait de compn mettre l'intelligence de ses idées chez ses correspondants nu ses premiers lecteurs, peu préparés à discerner le plan rie la phénoménalité scientifique et le plan de la réflexion métaphysique. Mais, ceci dit, il n'en reste pas moins que le dynamisme leibnizien prend pour appui le principe même dont Descartes avait fait la condition d'une physique positive : l'existence d'une loi suprême de conservation, la position d'une constante universelle. Or, c'est cette condition que l'école newtonienne se croit en droit de repousser, parce qu'elle mettrait des bornes arbitraires à la recherche de la causalité naturelle. Et, par le plus singulier des chocs en retour, la difficulté même que la science éprouvait à saisir la cause de la gravitation lorsqu'elle cherchait à résoudre le problème par analogie avec les solutions déjà fournies par le mécanisme, servait de point d'appui pour rendre tout au moins concevable et ^admissible une théorie qui, suivant la tradition péripatéticienne, assignerait aux phénomènes sensibles une cause située par delà l'ordre des phénomènes sensibles : « Il est vrai, dit Glarke, que, si un corps en attirait un autre, sans l'intervention d'aucun autre moyen,, ce ne serait pas un miracle, mais une contradiction ; car ce serait supposer qu'une chose agit où elle n'est pas. Mais le moyen par lequel deux corps s'attirent l'un l'autre peut être invisible et intangible, et d'une nature différente du mécanisme . »
Ici, l'on ne peut guère douter que Glarke exprime la pensée intime de Newton si l'on se reporte au passage souvent cité de la lettre à Bentley, du 25 février 1692, où Newton déclare