Critique. Deuxième Analogie, B. I
270 l'expérience humaine f.t la CAUSALITÉ PIIYSIOUK
des faits mentaux, qui par suite ne requiert d'autre condition que les formes a priori de rintuition sensible. « Il est clair que des objets de rintuition sensible doivent être conformes i certaines conditions formelles de la sensibilité résidant a priori dans l'esprit, puisqu'autrement ils ne seraient pas pour nous des objets ; mais on n'aperçoit pas aussi aisément pourquoi ils doivent être en outre conformes aux conditions dont L'entendement a besoin pour la compréhension synthétique qui caractérise la pensée. Il se pourrait à la rigueur que les phénomènes fussent de telle nature que l'entendement ne les trouvât point du tout conformes aux conditions de son unité, et que tout fût dans une telle confusion que, par exemple, dans la série des phénomènes il n'y eût rien qui fournît une règle à' la synthèse et correspondît au concept de la cause et de l'effet, si bien que le concept serait tout à fait vide, nul et sans signification ». »
Il faut donc, pour atteindre à la pausalité, qu'il s'ajoute à la perception une fonction d'ordre supérieur par laquelle la connexion des deux faits mentaux acquière une valeur objective. Autrement dit, on devra réussir à faire pour la physique rationnelle ce que Y Est hé tique transcendantale donne le moyen de faire pour la mathématique : ériger la subjectivité de la pensée en condition pour la réalité de l'objet. Par là, et ce fut un pas décisif dans l'évolution de sa doctrine2, Kant est amené à faire de la causalité un cas particulier d'un problème plus général.
129. — D'une part, la causalité, dont l'exigence se traduit dans la science par l'exclusion de tout vitalisme ou hylozoïsme, par l'application rigoureuse du principe d'inertie 3, n'est pas l'unique mode de relation que la pensée établisse entre les phénomènes ; la mécanique rationnelle requiert, en outre, la conservation de la masse qui est une détermination du principe de permanence, et l'égalité de l'action et de