‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 129 sur 263 · Critique. Déduction des Concepts purs, B. I · texte numérisé non relu

Critique. Déduction des Concepts purs, B. I

2. Cf. Critique. Discipline de la Raison pure, B, IL 333 : « Les erreurs sceptiques de cet homme [Hume] d'ailleurs si pénétrant, vinrent surtout d'un défâtit qui lui est commun avec tous les dogmatiques, c'est qu'il ne considérait pas .s\>1émat.iqu-*merit toutes les espèces de synthèses a priori; car il aurait trouvé que le principe de la permanence par exemple, et pour ne faire mention que de lui, est, comme celui de la causalité, une anticipation de l'expérience. »

3. Premiers principes métaphysiques d'une science de la nature. Mécanique : « La possibilité d'une science propre de la nature repose tout entière sur la loi de l'inertie (jointe à la loi de la persistance de la substance). » (Trad. Andler et Chavannes, 1391, p. 77.)"

LA DEUXIÈME ANALOGIE DE INEXPERIENCE

la réaction qui est une détermination du principe de réciprocité h

De plus, les trois concepts de la relation, qui ont sans doute suggéré le rythme ternaire de la thèse, de V antithèse et de la synthèse, sont appelés à coordonner des phénomènes, qui sont déjà caractérisés par l'attribution d'une quantité et d'une qualité. Or, les notions de quantité et de qualité, auxquelles la science moderne fait jouer un rôle capital, sont aussi celles qui se retrouvent à la base de la logique fondée par Aristote et. développée par les Scolastiques. Ce rapprochement (qui est peut-être tout verbal) paraît avoir inspiré la conception d'une correspondance entre les principes de la coordination intellectuelle et les divisions des jugements logiques. Pour appliquer dans le détail cette conception, Kant rattache la causalité au jugement dit hypothétique (lequel est en fait, ainsi que le reconnaît Kant, un rapport de jugements) comme la substance au jugement catégorique, comme la communauté ou. réciprocité au jugement disjoncttf (qui lui aussi est un com-. plexus de jugements).

Ainsi (avec* adjonction de l'ordre de la modalité, lequel signifie moins une classe de propositions qu'une réflexion sur leur portée) se trouve dressée une table logique des jugements qui permet à Kant d'établir une séparation entre la fonction intellectuelle et la fonction intuitive. Les concepts d'entendement, qui fondent le mode spécial d'unification entre les termes, par lequel se caractérise tel ou tel type de jugement logique (Kant, en souvenir d'Aristote, les appelle catégories) valent par eux-mêmes, en tant qu'ils dessinent la structure de l'être pensant, quelle que soit par ailleurs la légitimité de l'application qui pourra en être faite à un domaine déterminé, soit du monde sensible ou phénoménal, soit du monde intelligible ou nouménal. L'étude des catégories sera l'objet d'une Logique transcendantale, destinée à prendre place dans l'édifice de la Critique, à côté de l'Esthétique transcendantale.

Du point de vue purement logique, la catégorie de la causalité apparaît liée aux autres catégories, et il n'y aura qu'une déduction pour l'ensemble du système. Dans la première édition de la Critique de la Raison pure, Kant avait invoqué, pour fonder l'a priorité des concepts de l'entendement, une triple synthèse : Synthèse de V appréhension dans Vintuition. — Synthèse de la reproduction dans V imagination. — Synr thèse de la récognition dans le concept. (B. II, 413.) La Seconde édition insiste surtout sur « cette dernière synthèse : synthèse

1. Remarques générales sur h- système de» principe*, B, I, p. 301 ci syiv.

de Vaperception^ qui est intellectuelle et contenue tout à fait a priori dans La catégoriel », afin sans doute de mieux marquer l'indépendance de la catégorie, qui pouvait sembler, dans La rédaction initiale, solidaire d'une condition de temps impliquée par le processus de l'appréhension sensible et de la reproduction Imaginative. La déduction des catégories revient alors à faire voir que l'objet s'identifie à l'unité nécessaire de L'aperception. Cette aperception pure ou originaire exprime La spontanéité d'un entendement qui a pour fonction propre de juger, et qui se spécifie suivant les déterminations fournies par la division traditionnelle des jugements. « Toute expérience suppose l'entendement : c'est lui qui en constitue la possibilité, et la première chose qu'il fait pour cela est, non pas de rendre claire la représentation des objets, mais de rendre possible la représentation d'un objet2. » L'objet est relatif au sujet, si l'on se garde, bien entendu, de définir le sujet, ainsi que faisait le réalisme des Anglais, par une perception empirique de soi, si l'on est capable de le concevoir comme un foyer vivant d'aperception transcendantale, comme cette conscience en général que Leibniz nous avait appris à chercher au delà de la sphère étroite où elle parvient à une expression claire de soi3. « Je désigne encore l'unité de cette représentation sous le nom d'unité transcendantale de la conscience, pour indiquer la possibilité de la connaissance a priori qui en dérive. En effet, les représentations diverses, données dans une certaine intuition, ne seraient pas toutes ensemble mes représentations, si toutes ensemble elles n'appartenaient à une conscience. En tant qu'elles sont mes représentations (bien que je n'en aie pas conscience à ce titre), elles sont donc nécessairement conformes à la condition qui seule leur permet de se réunir en une conscience générale, puisque autrement elles ne seraient pas pour moi 4. »

1. B. I, 187 note. C'est seulement en invoquant l'unité de l'intuition sensible extérieure en général, que Kant parvient à la conformité nécessaire de la synthèse de l'appréhension qui est empirique, à cette synthèse de l'aperception : « C'est une seule et même spontanéité, qui là, sous le nom d'imagination, ici sous celui d'entendement, introduit la liaison dans les divers éléments de l'intuition. » ilbid.)

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