Déduction des Concepts purs, B. I
LA DEUXIÈME ANALOGIE DE L'EXPERIENCE
D'ailleurs, et qu'à titre de synthèse en général l'unité de la connaissance trouve dans la catégorie une fonction qui n'est restreinte par aucune condition sensible1 (et qu'ainsi soit réservée la possibilité d'étendre la connaissance théorique, ou plutôt d'y suppléer, par l'appel à la raison pratique), cela importe, en droit, et pour saisir l'architecture du système kantien : en fait, cela demeure une abstraction. Les catégories sont des cadres qui demandent à être remplis, qui requièrent une intuition. Et s'il est permis, sans contradiction intrinsèque dans le langage, de parler d'une intuition qui ne soit pas de caractère sensible, l'homme ne possède pas dans la réalité des choses, il ne peut par conséquent véritablement comprendre, une autre sorte d'intuition que l'intuition sensible. Pour que les catégories comportent un usage effectif, il faudra qu'elles soient appliquées à la sensibilité, dont l'espace et le temps sont les formes a priori. La théorie de la science aura donc à considérer les catégories, non pas en tant que telles, dans leur pureté logique, mais en tant qu'elles sont médiatisées par le schème temporel u2, sous la forme de principes dérivés des catégories et constituant dans leur ensemble la Table physique pure des principes universels de la Science de la Nature.
130. — Ici va se produire un changement tout à fait remarquable dans le procédé de démonstration. Tandis que la déduction transcendantale des catégories consistait à les fonder toutes à la fois dans leur rapport à la conscience en général, la détermination des principes aura pour tâche d'expliquer, et de justifier, leur rôle distinct dans la connaissance de l'univers, ou, pour mieux dire, dans la constitution de l'expérience. Donc, après avoir fait voir comment les axiomes de Vintuition dans l'ordre de la quantité, les anticipations de la perception dans l'ordre de la qualité, permettent de légitimer a priori l'étude des grandeurs extensives et l'étude des grandeurs intensives, Kant aborde les principes procédant de la relation : les analogies de V expérience. A ce moment, après tant de détours nécessaires pour en définir le caractère proprement critique, il propose enfin la solution du problème de la causalité.
Le monde auquel la science doit s'appliquer est donné dans le temps ; c'est un monde de changements, Or la première condition pour comprendre le changement est celle qui est