‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 132 sur 263 · Critique. Analogies de l'Expérience, B. I · texte numérisé non relu

Critique. Analogies de l'Expérience, B. I

2. Cf. Les Etapes de la philosophie mathématique, § 159, p. 2(17.

exprimée par La Première Analogie de l'Expérience : « Tous les phénomènes contiennent quelque chose de permanent [une substance) qui est l'objet même, et quelque chose de changeant qui est la détermination de cet objet, c'est-à-dire le modo fie son existence1. » La justification de ce principe de substance rie consiste nullement à découvrir dans l'univers sensible, encore moins à lui superposer d'un point de vue ontologique, « un sujet absolu » dont on puisse dire qu'il échappe au changement. Ce qui s'appelle substance dans le phénomène est « une image permanente de la sensibilité, rien de plus qu'une intuition dans laquelle ne se trouve rien d'inconditionnel 2 ».

Mais cette image est une condition nécessaire pour que l'esprit prenne possession du changement en tant que tel. Et, en effet, la succession pure, telle que Hume l'a envisagée, où l'existence ne fait toujours que disparaître et apparaître3, ne laisserait place à aucun rapport de temps. Autrement dit, un changement radical où rien ne resterait plus de ce qui était, ne serait pas un changement du tout. Si X meurt sur la terre, si Y naît dans une autre planète, sans que du corps de Y aucun trait soit demeuré au corps de X, ou qu'aucun souvenir ait passé de la conscience de X à la conscience de Y, il n'y a aucune raison d'affirmer que X soit devenu Y. Bref, dire qu'il y a un changement, c'est dire que quelque chose a changé, ce qui signifie que ce quelque chose est demeuré, précisément pour être le sujet de changement, et que par là même, en un sens et sous un certain aspect, il était soustrait au changement. « Sans ce quelque chose de permanent, il n'y a donc pas de rapport de temps. Or, comme le temps ne peut être perçu en lui-même, ce quelque chose de permanent est le substratum de toute détermination de temps, par conséquent aussi la condition de toute possibilité de toute unité synthétique des perceptions, c'est-à-dire de l'expérience ; et toute existence, tout changement dans le temps ne peut être regardé que comme un mode de ce qui demeure et ne change pas. » (Ibid.)

131. — La déduction du principe de substance, dans son application à l'expérience, qui est un exemple caractéristique de la démonstration proprement philosophique, commande et éclaire la déduction du principe de causalité.

Kant ne cherchera nullement à établir l'existence d'une

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