‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 202 sur 263 · Les fondateurs de V astronomie moderne, 3° édit., p · texte numérisé non relu

Les fondateurs de V astronomie moderne, 3° édit., p

théorie el l'observation. N'est-il pas possible, en effet, que ce léger écart ait, pour la structure de l'univers, pour la perspective généralé du savoir, une signification profonde? De là L'évolution remarquable de la pensée dans la seconde moitié du xiv siècle. Plus on avait admiré avec quelle sûreté les uitMhodos pratiquées par Le Verrier selon l'hypothèse du système uowtonien ont réussi dans le cas d'Uranus, moins on se résignait à passer par-dessus leur échec dans le cas, tout semblable en apparence, de Mercure. D'autre part, la physique du xix° siècle avait multiplié les conquêtes depuis qu'elle s'était éloignée de la voie strictement newtonienne pour s'appuyer sur des principes suggérés d'une façon directe par les carac-^ fcères des phénomènes lumineux ou électromagnétiques. La théorie de la gravitation pouvait, à son tour, mettre à profit les progrès réalisés dans ces domaines, et aborder, à l'aide d'instruments nouveaux, les questions que la doctrine newtonienne avait laissées en suspens.

Ainsi naquit un espoir merveilleux : lier le succès pratique (et le signe en sera la solution du retard du périhélie de Mercure) au renouvellement de l'intelligence théorique. Au lieu de persister dans la tactique newtonienne, dont Le Verrier avait épuisé les ressources, manœuvrer à l'aide d'une idée stratégique, étrangère au système newtonien.

Ici vont se retrouver en présence, avec MM. Lorentz et Einstein, les deux tendances intellectuelles qui déjà se sont affrontées pour l'interprétation de l'expérience de M. Michelson. Dans une tentative qui remonte à 1900 (et qui ne devait pas le conduire au résultat espéré), M. Lorentz se place sur le terrain de l'intuition physique, « en suivant, dit-il, une voie qui avait été préparée par Mossotti. Ce physicien s'était représenté la matière comme consistant en électricité positive et électricité négative, et il avait regardé la gravitation comme une force résiduelle provenant d'une légère différence qu'il y aurait entre les attractions des électricités opposées contenues dans deux corps, et les répulsions des électricités de même signe. Je n'avais qu'à adapter cette manière de voir à la théorie moderne de l'électricité sous la forme qu'elle avait prise dans la théorie des électrons 1 ». Nous avons rappelé cette « théorie électromagnétique » de la gravitation afin de caractériser, par contraste, la méthode propre à M. Einstein. M. Lorentz regarde en quelque sorte devant lui pour pousser plus avant les résultats obtenus jusque-là par la science ; la théorie électrodynamique de la gravitation sera une promotion de la

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