Eth. Part. II, prop. 8, et Scholie
LA PHYSIQUE DÉS PRINCIPES
sait chez quel peuple et à quelle époque il a été fait usage de Tune de ce? conventions, comment et par qui elle a été modifiée, et pour quelle raison. Il est clair que le cas n'est plus du du tout le même pour une convention qui porterait, non plus sur le choix et la désignation des unités de mesure, mais sur les rapports intrinsèques des grandeurs mesurées. Dans ce cas, en effet, on renouvelle, et peut-être sans qu'on s'en doute, l'aventure littéraire de Jean- Jacques Rousseau. On évoque, de chic, un Contrat Social, sans être capable, sans se soucier même, d'indiquer ni les personnes qui l'auraient signé, à une période déterminée du temps, ni a fortiori les considérants qui auraient motivé cette convention, ou les termes mêmes qui en auraient délimité l'objet. Bref, en poussant à l'absolu le mot convention, on lui a fait perdre toute la force de son acception étymologique. Au fond, on a recouru, pour se tirer d'embarras dans la théorie difficile de la science, à un expédient fallacieux et déplorable. Car l'idée de convention ne conserve de signification proprement dite qu'en supposant un plan de référence qui échappait à l'artifice du conventionalisme. Si la zwsiz disparaît, tout ressortit au vôoo? : tout est conventionnel jusqu'au sens du mot convention, qui dès lors n'en a plus aucun. Selon le rationalisme, parler comme un perroquet c'est imiter un homme qui pense : selon le conventionalisme. penser comme un homme, c'est imiter un perroquet qui parle.
Ét d'autre part, du moment que les principes ne sont que conventions ou définitions déguisées, les faits, en tant qu'ils sont suspendus aux principes, ne sont plus soumis non plus à la discrimination du vrai ou du faux. Le système astronomique de Copernic s'est établi grâce au principe de la relativité du mouvement ; mais cette même relativité interdit toute prétention à l'affirmation d'une vérité objective : « L'espace absolu, c'est-à-dire le repère auquel il faudrait rapporter la terre pour savoir si réellement elle tourne, n'a aucune existence objective. Dès lors, cette affirmation : la terre tourne, n'a aucun sens, puisque aucune expérience ne permettra de le vérifier ; puisqu'une telle expérience, non seulement ne pourrait être ni réalisée, ni rêvée par le Jules Verne le plus hardi, mais ne peut être conçue sans contradiction : ou plutôt ces deux propositions : la terre tourne, et : il est plus commode de supposer que la terre tourne, ont un seul et même sens : il n'y a rien de plus dans l'un que dans l'autre l. »
Et assurément rien n'est plus aisé que de supprimer la ques-