‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 244 sur 263 · Couturat, la Logique de Leibniz, 1901, note 16, p · texte numérisé non relu

Couturat, la Logique de Leibniz, 1901, note 16, p

LES LOIS ET LES HYPOTHESES

est une qualité occulte ; l'action à distance, considérée en soi, est contre la raison. Mais la formule de la gravitation, c'est tout de même bien quelque chose, et que Newton aurait négligée si par malheur il s'était avisé de prendre conseil de Huygens. Du reste, on sera libre de dire ensuite que la mécanique newtonienne est construite de telle manière qu'il n'y a rien en elle de solide et de consistant sauf l'ensemble des équations différentielles, et de déclarer artificielles et conventionnelles les notions initiales de la déduction. Cette conception, qui prévalait à la fin du xixe siècle, n'est pas elle-même définitive. Le système du monde, réduit à son aspect purement mathématique, réclame une expression physique ; et c'est cette expression que s'efforce de dégager la théorie de la relativité, non pas d'ailleurs par une hypothèse explicative ou même représentative, mais grâce à un' remaniement des conceptions fondamentales sur le rapport du mathématique et du physique. Rien n'est plus propre à éclairer rétrospectivement l'évolution de la mécanique céleste, à rendre raison tout à la fois du triomphe obtenu, du moins dans certaines limites de l'observation, par le calcul newtonien, comme des incertitudes et des oscillations que devaient entraîner les tentatives pour interpréter ce triomphe.

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