‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 84 sur 263 · Duhem, Le système du monde, t. V, 1917, p · texte numérisé non relu

Duhem, Le système du monde, t. V, 1917, p

l'artifioialismb thomiste

tivement à l'effet de Faction. Les trois autres causes sont bien des principes d'action, mais suivent un certain ordre. Le principe premier, c'est la fin qui met l'agent en mouvement. Le second, c'est V agent. Le troisième, c'est la forme de ce qui est appliqué par l'agent pour agir (bien que l'agent, lui aussi, agisse par sa forme propre). Cet ordre est évident dans les choses de l'art (ut patet in artificialibus) . L'artisan est mû à agir par la fin qui est l'ouvrage lui-même (operatum ipsum), par exemple un lit ; et il applique à son action une hache qui coupe par son tranchant l.

Thomas d'Aquin ajoute immédiatement : Selon ces trois genres de cause, Dieu opère en tout ce qui opère.

Tout d'abord Dieu opère selon la raison de la fin. La démonstration est la suivante : toute opération se fait à cause d'un bien vrai, ou apparent ; or, rien n'est bon en réalité ou en apparence, sinon dans la mesure où il participe quelque ressemblance du souverain bien, lequel est Dieu ; d'où il suit que Dieu, est, pour toute opération, cause en tant que fin (q. 105, 5). Cette proposition ne vaut pas seulement pour les êtres capables de se représenter une fin. Elle vaut aussi pour les choses qui, étant dépourvues de connaissance, poursuivent une fin qu'elles ignorent. Celles-ci ne tendent à une fin que si elles sont dirigées par un être connaissant et intelligent : ainsi la flèche par l'archer (q. 2, 3). De même, donc, que la nécessité imprimée par violence dans le mouvement de la flèche démontre la direction par l'archer, de même la nécessité imposée par la nature aux créatures démontre le gouvernement de la providence divine (q. 103, I, a d 3).

Dieu est l'agent ; Thomas ne se borne pas à reproduire l'argumentation de la métaphysique en faveur du premier moteur. Il étend la conception aristotélicienne du domaine cosmologique au domaine psychologique ; il introduit la notion d'un bien universel, objet de la volonté considérée ellemême in universali (q. 105, 4). Voici comment raisonne Thomas : La capacité suffisante pour mettre quelque chose en mouvement suppose chez le moteur une vertu active supérieure, ou tout au moins égale, à la vertu passive du mobile. Or, la vertu passive de la volonté s'étend jusqu'au bien en général ; car son objet, c'est le bien universel, comme l'objet de l'intelligence est l'être universel. Mais tout bien créé est un certain bien particulier. Dieu seul est l'être universel. D'où résulte que, seul, Dieu remplit la volonté, et qu'il est capable de la mouvoir, car il est son objet. De même la force

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