‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 89 sur 263 · L'expression est du P. Bourdin (Jbid. p. 472j · texte numérisé non relu

L'expression est du P. Bourdin (Jbid. p. 472j

2. Première partie du Discours de La Méthode, A. T., VI, 1902, p. 0.

3. Gilson, Descartes en Hollande (Compte rendu de l'excellent ouvrage d'' M. G. Cohen : herivains français en Hollande dans la première moitié du XVI h siècles Reçue de Métaphysique, juillet-septembre 1921, p. 552.

LA CRISE DL' DYNAMISME ARISTOTÉLICIEN

mination sur un principe inébranlable et désormais incorruptible, le retour à ce qui est vrai par soi, sans jamais dépendre d'une autorité qui soit relative à un temps déterminé, c'est la . conversion à la spiritualité. Cette conversion marque la fin du moyen âge. L'homme cesse de regarder derrière lui, vers les oracles proférés par Aristote ou par Ptolémée, comme il regardait vers les révélations obtenues par Moïse ou par Jésus- Christ. Il reconquiert l'attitude normale de l'intelligence, qui est l'autonomie : « Toutes les sciences ne sont autre chose que la sagesse humaine, qui demeure toujours une et identique, tout en étant appliquée à différents objets, sans se laisser diviser par eux plus que la lumière du soleil par la variété des objets qu'elle illumine 1. »

Ainsi, en proclamant, en traduisant d'une manière effective dans l'application aux problèmes de la science le primat du jugement sur le concept, Descartes aurait opéré une révolution complète dans la perspective de la philosophie, même s'il était arrivé que dans sa corbeille neuve il n'eût rien trouvé d'autre à mettre que les fruits cueillis par ses prédécesseurs ou ses contemporains sur les arbres antiques du dogmatisme ou de l'empirisme.

Mais, en fait, la révolution cartésienne est loin de se réduira à une transmutation de valeurs philosophiques. La méthode, d'où dépend l'unité de la science, est, suivant Descartes, créa trice de l'ordre et de la mesure, adéquate à l'universalité d'un monde que le Dieu de l'intelligence a fait intelligible. D'une part, l'espace cesse d'être un objet de contemplation statique ; la géométrie s'éclairera, en sa dernière profondeur, grâce aux « longues chaînes de raison » qui procèdent d'une activité purement spirituelle. Une physique se constitue, d'autre part, dont il faudra dire qu'elle est la plus ancienne de toutes, puis qu'elle repose uniquement sur. des notions telles que les figures, les mouvements et les grandeurs des corps, qui ont toujours été connues des hommes, et d'Aristote lui-même : « Nullis me... principe s usum esse, c[U3e non ab omnibus recipiantur ; hancque Philosophiam non esse novam, sed maxime antiquam et vulgarem -, »

1. Refjulae ad directionem ingehii, I, A. T., X, 1908, p. 3G0.

2. Principia philosoptiiae, 16 M, IV, 200. (Los références aux Principes de la philosophie se rapportent aux parties et aux paragraphes .)

Page 1