‹ L'Expérience religieuse de ChateaubriandChapitre 122 sur 126 · LE CONFESSEUR DE M. DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

LE CONFESSEUR DE M. DE CHATEAUBRIAND

MAI l84 3

Au BARON DE FLOTTE l

« Grâce à Dieu, Monsieur, je n'ai ni ne peux avoir aucun crédit auprès du Gouvernement actuel. Lorsque j'ai possédé quelque pouvoir politique, je ne me souviens pas de l'avoir jamais employé qu'au profit des personnes qui pouvaient être opprimées. M. Lafaye ne m'a point du tout offensé ; mais, s'il était inquiété à cause de moi, je prierais qu'on le laissât tranquille. Je ne m'occupe plus de ce qui se passe dans la société. Mon rôle est fini. Monsieur. Je suis loin du monde, et on me pardonnera, j'espère, à cause de mon grand âge, d'avoir un confesseur. C'est M. l'abbé Seguin, prêtre de Saint-Sulpice. Quand on a beaucoup de jours, on doit s'accuser de beaucoup de fautes. »

1. M. Lafaye, professeur au collège royal de Marseille, dit à ses élèves, au lendemain de la mort de Jouffroy : « Jouffroy, le sceptique, a appelé un confesseur, et personne ne peut nommer celui de l'auteur du Génie du Christianisme. » Ces paroles devenues publiques, .M. Lafaye craignant sa destitution, supplia M. de Flotte, ami de Chateaubriand, d'intercéder pour lui auprès de l'illustre écrivain. Chateaubriand répondit par la lettre citée.

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