INTRODUCTION XXXIII
les écueils étaient chargés de figures humaines ; des harques pavoisées de deuil étaient encombrées de spectateurs. Au pied du Grand-Bé, le cercueil fut enlevé par des marins et porté au sommet à travers un coup de vent qui ressemblait à une tempête, suprême caresse de l'Océan à celui qui avait tant aimé le bruit des flots et des vents. Puis soudain il se fit un grand calme, et le cercueil fut pieusement déposé dans le roc qui doit le garder à jamais. Les suprêmes prières de l'Église furent récitées par le curé de Saint-Malo et l'eau bénite fut répandue sur la bière...
« La Bretagne et la Beligion avaient fait à l'auteur du Génie du Christianisme de magnifiques funérailles. Depuis un demi-siècle, il dort, au bord des vagues, dans son sépulcre de granit, sous une pierre entourée d'une petite grille gothique en fer et surmontée d'une croix. Du reste, point d'inscription, ni nom, ni date. Il l'avait ainsi demandé, dans sa lettre de i83i au maire de Saint-Malo : « La croix, écrivait-il, dira que l'homme « reposant à ses pieds était un chrétien ; cela suffira à « ma mémoire. »
Carthage, ce i5 décembre 191 1.
Alexandre Pons,
Camérier d'honneur de Sa Sainteté,
Chanoine titulaire de Carthage
(Stalle Chateaubriand).