‹ L'Expérience religieuse de ChateaubriandChapitre 37 sur 126 · ASCENSION DE · texte numérisé non relu

ASCENSION DE

Le relèvement de mon vœu s'est présenté à ma mémoire au milieu des plus grands égarements de ma jeunesse.

Mémoires, I.

Le jour de l'Ascension de l'année 1770, je partis de chez ma grand'mère, avec ma mère, ma tante de Boisteilleul, mon oncle de Bedée et ses enfants, ma nourrice et mon frère de lait, pour Notre-Dame de Nazareth. J'avais une lévite blanche, des souliers, des gants, un chapeau blancs, et une ceinture de soie bleue. Nous montâmes à l'Abbaye à dix heures du matin. Le couvent, placé au bord du chemin, s'envieillissait d'un quinconce d'ormes du temps de Jean V de Bretagne. Du quinconce, on entrait dans le cimetière ; le chrétien ne parvenait à l'église qu'à travers la région des sépulcres : c'est par la mort qu'on arrive à la présence de Dieu.

Déjà les religieux occupaient les stalles ; l'autel était illuminé d'une multitude de cierges ; des lampes descendaient des différentes voûtes : il y a, dans les édifices gothiques, des lointains et comme des horizons

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