‹ L'Expérience religieuse de ChateaubriandChapitre 4 sur 126 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Mémoires. Il détaille la cérémonie avec tant de fraîcheur et de précision qu'on le devine : il l'a souvent évoquée.

Rendu à sa famille, René passa son enfance à Saint- Malo. Sa mère, sa sainte mère, qu'il aima tendrement, et la Villeneuve, une vieille servante fort pieuse, lui inspirèrent le respect des choses saintes et l'habituèrent à de nombreux exercices de piété. Son imagination n'était frappée que de tableaux religieux. Tous les jours, on le conduisait à la Cathédrale. Et qui sait si Chateaubriand ne doit pas beaucoup de sa vocation religieuse et artistique à la vieille basilique malouine. Le germe du Génie du Christianisme fut jeté, peutêtre, durant ces fêtes de Pâques et de Noël où l'enfant éprouvait « des sentiments extraordinaires de religion. »

René fit sa première communion à treize ans. Il était alors pensionnaire au collège de Dol. Sa ferveur, peu commune, allait jusqu'à préoccuper ses vieux régents bretons, tous prêtres de haute vertu. Nous avons une preuve 'de sa délicatesse de conscience et de l'ardeur de son imagination, dans la confession laborieuse qui précéda le grand jour. Ce fut tout un drame. Il faut lire la page des Mémoires qui le raconte et aussi la suivante, pour se donner une idée de la Foi de ce premier communiant. « Je sais parfaitement ce que c'est que la Foi : la présence réelle de la Victime dans le saint Sacrement de l'autel m'était aussi sensible que la présence de ma mère à mes côtés *. »

D'autre part, les occupations favorites du jeune collégien révèlent le fond de son âme et annoncent déjà sa destinée. Il lisait assiduement le Livre des Confes-

i. Mémoires, I, io5.

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