INTRODUCTION
La politique suivie par le Président Roosevelt pendant les deux premières années de son gouvernement avait pour but essentiel de mettre fin à une situation devenue presque tragique.
Les lois votées en 1933 et 1934 en portent le témoignage : elles débutent presque toutes par une déclaration d’ «emergency », de danger national, justifiant des mesures qui privent souvent de leur liberté ceux qui doivent s’y soumettre.
A l’avènement du Président il y avait près de quatre ans, en effet, que les États-Unis connaissaient une crise d'autant plus sévère que la période de prospérité avait été plus exceptionnelle. La misère engendrée par le chômage atteignait une partie de plus en plus importante de la population ; les fermiers accablés de dettes, menacés d’expropriation par leurs créanciers, s’efforçaient de résister à l’application des lois. Pour un pays qui avait vécu les années précédentes dans l'illusion d’une prospérité sans fin, le contraste était tel que l’ordre social en était menacé.
Inquiet, le public américain retirait ses dépôts, mettant
en danger les banques. Commencés en 1932 ces retraits ‘augmentèrent au début de:1933 :.
A la suite de la faillite d’une banque du Man l'Union Guardian Trust C0, des moratoires furent proclamés -dans presque tous les États. « À l'avènement au « pouvoir du Président Roosevelt l'Amérique est à la veille « de l’asphyxie totale, faute d’instruments d’échange. .« L'organisme bancaire est menacé de partout. Dans un « pays pratiquant le chèque comme principal instrument « d'échange, cette situation ne pouvait durer sans deve- « nir extrêmement dangereuse * »
La réorganisation des banques s’imposait avant d’en- -treprendre le rétablissement :de l’économie. Les -premiers ‘actes du Président Roosevélt,:entant-que:chef du'gouver- "nement, répondirent à cette nécessité.
L’Emergency Banking Act, qui fut élaboré-et woté-en trois jours, prévoyait l’examen de la situation de :toutes ‘les ‘banques fermées ; seules étaient autorisées à reprendre ‘immédiatement leurs ‘opérations celles dont la situation apparaissait saine, celles qui étaient “en difficulté pouvalent fonctionner sous le contrôle d’agents fédéraux
1. Du 11 janvier au 8 février 1933 l’augmentätion de la circulation fiduciaire avait été. de ‘146 millions de:dollars.
Pour.la semaine du 8 au 15 l’augmentation fut de 149 millions.
Pour la semaine du 15 au 21 l’augmentation fut de 134 millions.
‘Pour ‘la semaine du 21 février au ‘17 mars l'augmentation fut :de 722 millions.
‘Pour la semaine du fer au 8 mars l'augmentation fut de 812 millions. “La: circulation des-pièces\ d’or .passe, de.480 millions ile 4er février à 572 millions le 28 et 626 millions le 4 mars. Le -montart des certificats d’or émis dans le public, qui étaitide
991 millions de 1er février,.était. de 649. millions le 28 et de 768 millions le 4 mars.
‘(C'est le 4 mars ‘que le Président Roosevélt devint chef du :gouvernement.)
2. Les prodromes de l’expérience Roosevelt, par J. Lescure. Revue Economique Internationale, décembre 1985.