‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 102 sur 130 · IDÉES LIBÉRALES DE L^ELROPE · texte numérisé non relu

IDÉES LIBÉRALES DE L^ELROPE

Pouvons-nous, d^autre part, oublier que les représentants des puissances réunis, en i884, dans la Conférence de Berlin ont été unanimes à reconnaître que rinstrument de la civilisation en Afrique était le commerce et qu'il devait être libre. Cette idée est formulée dans tous les protocoles : le régime de la liberté commerciale devant stimuler chez les indigènes du Congo le goût du travail, tous les négociants, à quelque nation qu'ils appartiennent, jouiront dans ces pays de la liberté illimitée d'acheter et de vendre. L'article i®*" de l'Acte général délimite le « bassin conventionnel du Congo » et, pour gagner des territoires au libre commerce, il étend ses frontières des rives de l'océan Atlantique à celles de l'océan Indien, englobant ainsi les territoires français et portugais du Quillou, du Loanda et du Mozambique; puis il déclare expressément que, dans cette immense région, « le commerce de toutes les nations jouira d'une complète hberté. »

Depuis cette époque le mouvement des idées n'a pas changé. Dans les colonies anglaises et allemandes les droits sont modérés et varient généralement entre 5 et 10 pour loo; ils atteignent les produits nationaux comme les produits étrangers et constituent par conséquent des taxes fiscales bien plus que des droits de douane. Lorsqu'il y a moins de deux ans, l'éventualité du partage de la Chine a pour la première fois été envisagé, l'Angleterre s'est immédiatement prononcée pour le système de la « porte ouverte » et, h la même époque l'Allemagne, prenant à bail la pro-

vince du Chang loung, a déclaré port franc Kiaotchéou (2 septembre 1898).

Ainsi notre pays, en poursuivant aux quatre coins du monde l'application du régime protectionniste, se met en opposition avec Topinion générale, unanime, en même temps qu'il provoque l'irritation de ses propres colonies et les réclamations des nations commerçantes.

Est-il possible de ne point voir ces choses? Et, en vue de quels résultats merveilleux, de quels bénéfices inappréciables la France s'expose-t-elle aux dangers d'une jK>litique aussi égoïste?

Page 1