EMPIRES A>GLA1S ET FRA>'ÇA1S O
passe pas 1 3 millions et demi d'individus ; mais l'excédent des naissances sur les décès est considérable chez les Slaves, et le mouvement d'émigration des Russes en Asie atteint chaque année des chiffres fort importants*.
Pour être moins belle et moins large que celle de l'Angleterre et de la Russie, notre part demeure très suffisante, et la tache qui nous incombe est considérable. Notre empire est jeune ; quelques-unes de ses provinces, et non des moindres, ont été acquises hier. Les Anglais sont dans l'Inde depuis 1768, nous ne possédons rindo-Chine que depuis 1860 et i885; ils sont au Canada, en Australie, au Cap depuis 1768, 1788, i8i5 ; notre établissement en Algérie, en Tunisie, à Madagascar remonte seulement à i83o, 1881, i885. Nos rivaux disent orgueilleusement : « Nous possédons des champs de blé, des marchés pour la laine, des forêts, des mines de charbon, de fer, de cuivre, de diamant ; nous exportons du sucre, du café, du tabac, de l'opium et du thé *. » La production de nos provinces extra-européennes est, à l'heure présente, trop mince pour que nous songions à essayer une semblable énumération ; il peut en être différemment dans un demi-siècle. Aujourd'hui, il ne s'agit plus de peupler le monde, « de propager
1. Superficie de la Russie (y compris la Pologne, la Finlande et le Caucase) : 5 861 000 kilomètres carrés.
Superficie de la Sibérie : 12 5i8ooo kil. carrés ; — de l'Asie centrale : 3 5o4ooo.
2. Sir Charles DiLKE. Introduction à son ouvrage : Prohlems of Greater Britain.
6 l'exploitation! de ^OTRE empire C0L05LAL
partout notre langue et notre sang ». Dans cette œuvre nous avons échoué ; mais nous et nos fils pouvons en une cinquantaine d'années en ébaucher une autre, que devront d'ailleurs poursuivre les générations suivantes : implanter au milieu des musulmans de l'Afrique du Nord une population française nombreuse ; créer en divers points du monde, notamment à la côte occidentale d'Afrique, à Madagascar, en Indo-Chine, en Océanie, des centres riches et prospères ; mettre en valeur par le commerce, l'agriculture, l'industrie, grâce à l'association de notre intelligence et de nos capitaux avec la main-d'œuvre indigène, les territoires considérables que nous possédons en Afrique et en Asie.
Cela, le pouvons-nous, le voulons-nous faire? Telle est la question qui se pose.
Les explorateurs et les soldats ont ouvert les routes, j)lanté le drapeau ; la tâche est maintenant aux colons et aux capitalistes.