‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 72 sur 130 · I. LE CRÉDIT, OUTIL ESSENTIEL DE LA COLONISATION · texte numérisé non relu

I. LE CRÉDIT, OUTIL ESSENTIEL DE LA COLONISATION

Il est, à propos des « capitaux aux colonies », une dernière question que Ton ne saurait passer sous silence : celle du crédit et des banques.

Nous avons montré plus haut que les colonies devaient se procurer par des emprunts les sommes nécessaires à Texécution des travaux publics indispensables à la mise en valeur des pays neufs ; nous avons ensuite réclamé l'adoption , par le gouvernement, d'un système de larges concessions territoriales qui aurait pour conséquence d'intéresser d'autres capitaux à l'établissement des premières relations commerciales avec des régions jusqu'ici inex-

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plorées et inexploitées. Cela ne suffirait point encore pour assurer l'entier développement de nos établissements d^oatie-mery Fœuvre de la colonisation. Il y a pour les capitaux d'^autres emplois; il est d'autres besoins auxquels ils doivent pourvoir.

Le « petit », le « moyen » et le « gros » colon, — qu^ils se li>Tent au commerce, à Fagriculture ou à l'industrie, — se trouvent également dans la nécessité de faire appel au crédit. Les colons ne sont pas des millionnaires ; leur pécule, leur « fortune » même ne saurait suffire à tout. Lorsque Ton songe à l'importance qu'ont les institutions de crédit dans les vieux et riches pays, quels services elles rendent chaque jour, quelle part elles tiennent dans la vie économique des nations, on conçoit l'importance plus considérable encore qu'elles ont dans un pays neuf, sur une terre nue où tout est à faire, où toutes les activités, toutes les intelligences réclament à la fois des capitaux pour créer dans leur ensemble, — et presque en un jour, — les entreprises qui sont, en Europe, le fruit du travail et de l'épargne accumulés de plusieurs générations. Le crédit est donc un des outils essentiels de la colonisation.

La France, on Ta vu, n'envoie dans ses possessions que de rares colons, et beaucoup, parmi eux, ne possèdent que de maigres ressources. Ils arrivent en Algérie avec 6 ou 8000 francs; en Nouvelle-Calédonie avec une dizaine de mille francs ou moins. L'administration leur donne en concession une terre que, le plus souvent, il faut d'abord défricher. Ils

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